Pendant que la France continue d’honorer son rôle de « terre culturelle d’accueil » à travers notamment la Saison Sud Africaine, Nelson Mandela, lui, continue de lutter corps et âme afin transformer son destin. Sur cela, a-t-on d’ailleurs compris les combats de Madiba et retenu les leçons du passé ? COMBINE ne choisit pas de répondre à cette question cernée de doutes mais essaye de proposer une réflexion sur quelques sujets sensibles propres à la République Sud Africaine.
Pour ce dossier, plusieurs artistes nous ont offert leurs visions, leurs pensées sur un des pays les plus puissants du continent africain bien que rongé par les inégalités, la corruption et le déficit de la gestion politique, économique et médiatique. Un pays qui continue de souffrir en silence…
L’actualité en Afrique du Sud a été au cœur de nombreuses discussions récemment. COMBINE au loin, propose un nouveau dialogue, un terrain d’échange inédit et esthétique.

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While France keeps on honoring its role of “cultural welcoming land” notably through the South Africa Seasons, Nelson Mandela keeps on fighting to transform its fate, body and soul. About this, did we anyway understand Madiba’s fighting and learnt lessons from the past? COMBINE does not choose to answer this question surrounded with doubts but tries to suggest a reflection on several sensitive subjects proper to the South African Republic.
For this issue, several artists offered us their vision, their thoughts on one of the most powerful countries of the African continent, even if eaten away by inequalities, corruption and deficit of political, economic and media management. A country that continues to suffer in silence… Events in South Africa have recently been at the heart of numerous talks. COMBINE, in the distance, proposes a new dialogue, an unprecedented and aesthetic exchanges ground.

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PASSE BLANC SUR FOND NOIR

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En dépit du premier vote démocratique et multiracial en Afrique du Sud en 1994, les inégalités semblent plus que jamais prendre le pas sur l’équité proverbiale. Difficile de voir le bout du problème dans un pays où les blancs qui représentent 8% de la population détiennent les ficelles du rouage économique du pays. La ségrégation s’est effacée mais les plaies de cet héritage restent toujours ouvertes. D’où l’interrogation de l’inextricable notion des couleurs de notre monde.

L’œuvre No Colors Origin insiste sur le poids de cette tradition qui refuse d’admettre la suprématie du blanc dans un contexte brûlant où les nombreuses variantes du cercle chromatique devraient s’enchevêtrer en un gris universel, présupposé non dogmatique d’une meilleure alliance fraternelle[1]. Tout comme l’œuvre de Gerhard Richter bien connue 1024 couleurs — constituée de multiples rectangles de couleurs —, grande toile qui a son pendant en gris et résultante de toutes ces couleurs, No Colors origin tend à montrer que les perceptions qui exaltent les qualités des teintes tirants vers le noir ou le blanc varient en fonction de notre situation et de la lumière. « Pour un monde plus gris », devrait-on pouvoir affirmer avec vigueur,alors que la symbolique apathique concourt à faire signifier le contraire de ladite proposition. Mais n’oublions pas qu’aux heures les plus sombres du Moyen-âge, le gris fut le symbole même de l’accès à l’entendement, d’où l’expression si couramment utilisée de « la matière grise », issue de cette période reculée. Le gris serait donc une valeur d’intensité bigarrée, image de la négation de cette soupape humaine et raciale qui croit pouvoir dominer le monde.

GUILLAUME ROBIN

[1] So as to cross out the horror of the Apartheid policy, let’s suggest to the International Monetary Fund and World Bank to qualify the massive privatizations so as to, not lighten the situation but if we may say, darken it.

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UN DIS//COURS

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Comment ne pas se souvenir du discours d’investiture de Mandela en 1994 ? Même si cela peut sonner comme une évidence, la réalité est bien autre. Demandez autour de vous et en peu de temps vous vous rendrez compte que les plus beaux discours de ce siècle peuvent tomber rapidement dans l’oubli.

« Dis//cours » est une œuvre qui se veut être une mise en relation entre le texte de Mandela et l’histoire de l’Afrique du Sud. La lecture de celui-ci impose au lecteur d’effectuer une navigation entre la gauche et la droite pour se voir offrir la compréhension comme autant d’entremêlements historiques entre les peuples de ce pays.

Pour lire l’œuvre en entier, cliquez sur : TEXTE

HUNEPHA

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AMANDLA NGAWETHU

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Amandla ngawethu : Le pouvoir au peuple

Ces mots sont prononcés par Mandela , ses 7 coaccusés et le public lors du procès Rivonia avant d’acceuillir le verdict du juge, le 12 juin 1964, la prison à perpétuité.

Illustration de MAYANNE TRIAS

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These words were pronounced by Mandela, his 7 co-defendants and the audience, during the Rivonia trial, before the verdict of the judge was given on 1964 June 12th, life imprisonment. .

Illustration by MAYANNE TRIAS

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WIP

DRAPEAU

Il a été toujours été d’usage d’employer des symboles forts pour cristalliser une identité commune. Et cela dans un souci de fédérer et de cimenter les liens autour d’une cause, d’un groupe ou encore d’une nation. Le drapeau s’inscrit dans cette logique. Souvent chargé d’histoire et riche de significations, il continue de représenter chaque nation. L’Afrique du Sud ne faisant pas exception, son drapeau actuel, arc-en-ciel au six couleurs flotte depuis le 27 avril 1994, date à laquelle le pays connaît ses premières élections nationales non raciales.

Chaque couleur symbolisant un élément fort du pays :

  • Le noir, pour la communauté noire
  • Le blanc, pour la communauté blanche
  • Le rouge, pour le sang versé tout au long de l’histoire mouvementée du pays
  • Le bleu et le vert, pour le ciel et la terre
  • Le jaune, pour la richesse aurifère que renferme son sol
  • Le y horizontal, pour la jonction et l’union de tous ces éléments.

Le travail présenté pour Combine, n’est autre qu’une adaptation de ce drapeau, selon une interprétation propre à l’artiste. En effet, il organise tous ces éléments en fonction de la réalité que lui perçoit et qui paraît bien éloignée de l’idéal originel.

Et pour un résultat final qui n’est pas sans rappeler le travail d’un artiste initiateur de l’abstraction pure, un artiste pour qui la disparition du réel n’était pas uniquement un problème d’ordre esthétique mais participait d’une conception du monde. Un art dont l’ordre régi par l’homme s’opposait au foisonnement « naturel » avec ses lignes brisées et ses courbes : Piet Mondrian.

ISAIAH SEWARDS

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It has always been common practice to use strong symbols to hatch a shared identity. And this, in view of federating and cementing bonds around a cause, a group or a nation. The flag falls within this logic. Often loaded with history and meaningful, it keeps on representing each nation. South Africa does not make an exception, its current flag, 6 colors rainbow flutters since 1994 April 27th, when the country lived its first national non-racial elections.

Each color symbolizes a strong element of the country:

  • Black, for the black community
  • White, for the white community
  • Red, for the blood shed all along the lively history of the country
  • Blue and Green, for the sky and the earth
  • Yellow, for the gold-bearing wealth contained in the ground
  • Horizontal Y, for the junction and union of all these elements

The work shown for COMBINE is none other than an adaptation of this flag, according to an interpretation proper to the artist. As a matter of fact, he organizes all these elements depending on the reality that he perceives and which seems pretty distant from the original ideal.

And for a final result that is not without reminding the work of an artist originator of the pure abstraction, an artist for whom disappearance of the reality was not only an aesthetical issue, but pertains to a World conception. An art which order, ruled by men, was opposed to the “natural” abundance with its broken lines and curves: Piet Mondrian.

ISAIAH SEWARDS

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ENCONTRE

Jusqu’à preuve du contraire, Joseph Beuys fut le dernier des utopistes. Utopiste par sa radicalité

intimement associée à une sensibilité expressionniste hors norme.

Déchainant passions et controverses, le travail de Joseph Beuys n’a eu de cesse d’éveiller les consciences. Rappelons à titre d’exemple, seulement le point de départ d’une action symptomatique de son profond engagement ; « I like America and America likes me ». En 1974, Beuys décida de rejoindre les Etats-Unis par avion. Il quitta Düsseldorf sur une civière et arriva dans sa galerie américaine de la même manière. Il posa le pied au sol seulement une fois arrivé dans la galerie ne voulant pas fouler le sol américain en signe de protestation contre l’engagement des EU dans la guerre du Vietnam.

Nelson Mandela procède du même engagement invétéré. Viscérale, son approche de la vie et des autres ne l’a jamais quitté.

C’est pour rendre un modeste hommage à Madiba, que la vidéo « Encontre » a été réalisée. Elle n’a comme seule ambition que de mettre en lumière que si, quelques comportements relèvent d’un certain état naturel et que si, l’on juge cet état contraire à nos convictions, alors dans ce cas l’inertie n’est absolument pas acceptable. Agir n’appartient qu’à nous même.

HUSEYIN.T