Les sociétés humaines sont depuis toujours traversées par des phénomènes qui ne semblent, jamais vouloir disparaître. Les épidémies et les maladies infectieuses en font parties. Certaines d’entre elles ont engendré de véritables hécatombes. Citons à titre d’exemples, la peste avec probablement plus de 1/3 de disparus dans la population européenne entre le 14e et le 15e siècle, la grippe espagnole au début du siècle avec plus de 18M de morts.

Historiquement et durant de longues périodes, ces phénomènes ont été attribués à la sentence divine, à la juste punition de dieu et faisaient l’objet, pour seul moyen de lutte et de tentatives d’éradication de séances de flagellation ou encore de stigmatisations de boucs émissaires. De nos jours, malgré une connaissance plus fine de ces désastres humanitaires, les peurs irrationnelles ne semblent pas pour autant s’éloigner. En témoigne, les traitements médiatiques disproportionnés de certaines d’entre elles qui poussent à la psychose et à la paranoïa alors que dans le même temps, d’autres épidémies plus silencieuses opèrent dans les mêmes proportions.

Même s’il arrive que le traitement de l’information soit largement exagéré, il ne faut pas pour autant perdre de vue que contrairement à ce que l’on croit, les maladies infectieuses au sens large sont bien loin de l’élimination et sont même en progression et en renouvellement. Les maladies résistent, se renforcent, mutent et de nouvelles apparaissent en lien avec nos nouveaux modes de vie. Tel Ebola !

Revue combine se penche sur le sujet et souhaite apporter un éclairage différent loin du bruit médiatique par l’intermédiaire d’artistes pour qui le virus ou encore les phénomènes de contamination latents sont des enjeux forts de leur travaux.

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Human societies have always been traversed by phenomena that seem to never want to disappear. Epidemics and infectious diseases are parts of them. Some of them have generated real slaughters. As an example, the plague with probably more than a third of missing people in the European population between the 14th and the 15th century or the Spanish flu at the beginning of the century with more than 18M deaths.

Historically and for long periods, these phenomena were attributed to the divine sentence, the just punishment of God, and were subject of flagellation or stigmatization of scapegoats, as only ways to fight and try to eradicate them. Today, despite a finer knowledge of these humanitarian disasters, the irrational fears do not seem to go away. As can be seen from the disproportionate media treatment of some of them, that lead to psychosis and paranoia while at the same time, other more silent epidemics operates in the same proportions.

Even if it happens that the way the information is processed is largely exaggerated, we should not be losing sight that contrarily to popular belief, infectious diseases are far from being eliminated and are even progressing and renewing themselves. Diseases resist, reinforce themselves, mutate and new ones appear in connection with our new lifestyles. As is apparent from Ebola!

Revue Combine focuses on the subject and wants to bring a different perspective, away from the media noise, through artists for whom the virus or the phenomenon of latent infection are strong issues in their work and encourage questioning.

 

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CONDENSACAO

HENRIQUE OLIVEIRA

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Henrique Oliveira s’inscrit depuis déjà quelques années comme un maitre de la transformation. Partout où il intervient, il se fait un « devoir » de nous révéler ce qui est enfoui, caché à notre regard et même à notre conscience comme s’il s’insinuait en continuateur du travail de l’architecte, pour l’aider à extirper les racines du lieu, à faire émerger un certain héritage qui dépasse la main de l’homme.

A la manière d’un Renzo Piano, il retourne le lieu, bouleverse les codes et inverse la hiérarchie. Ces chocs visuels, in situ, nous mettent en face de notre propre réalité, de nos expériences personnelles. Il met le doigt sur notre parcours constructif. D’ailleurs, il pousse ce désir de prise de conscience encore plus loin avec ses installations immersives dans lesquelles nous sommes plongés dans une réflexivité dynamique.

Dans « condensation », véritable sculpture de la fragilité, l’artiste procède du même état. Des matelas sont évidés en leur cœur. La matière récupérée est transformée en bulles de mousse suspensives qui, au delà d’évoquer le principe de condensation n’est pas s’en rappeler le travail de Freud sur l’interprétation des rêves et la multiplicité sémantique qu’une même image peut renvoyer.

Henrique Oliveira nous force à nous rapprocher de ce que l’on est, car c’est bien là, sur un matelas, dans notre lit que l’on est vraiment nous même. Mais c’est aussi là où l’on projette nos aspirations, nos craintes, nos fantasmes dans une visée de mutation perpétuelle.

Transformer le matelas avec sa propre matière comme l’on peut transformer sa conscience avec notre inconscient d’une nuit. Des bulles de mousses ou peut être des œufs pour nous forcer à nous réinventer.

Un texte de Huseyin Tutar

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Henrique Oliveira appears since several years now as a master of transformation. Wherever he intervenes, he makes a point of revealing what is buried, hidden from our eyes and even our consciousness as if he ingratiated himself as a continuer of the architect’s work, to help him to extract the roots of the place, to bring out a legacy that goes beyond the human hand.

In the manner of a Renzo Piano, he turns the location inside out, upsets codes and reverses the hierarchy. These visual impacts, in situ, put us in front of our own reality, of our personal experiences. He puts his finger on our constructive path. Moreover, he pushes this desire of awareness even further with his immersive installations in which we are plunged into a dynamic reflexivity.

In « condensation », real sculpture of the fragility, the artist proceeds from the same state. Mattresses are hollowed out in their heart. The recovered material is converted into suspensive bubbles of foam that, beyond evoking the principle of condensation is not without remembering Freud’s work on dream interpretation and semantics multiplicity that one image can evoke.

Henrique Oliveira forces us to get closer to what we are, because it is there, on a mattress, in our bed that we are really ourselves. But it is also where we project our aspirations, our fears, our fantasies in the perspective of a perpetual change.

Turn the mattress with its own material as we can transform our consciousness with our unconscious of one night. Bubbles or foam may be eggs to force us to reinvent ourselves.

Written by Huseyin TUTAR

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CONTAMINACAO

JOANA VASCONCELOS

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Au delà du caractère fortement marqué par la féminité de son travail, Joana Vasconcelos est une artiste qui joue avec les tensions et réconcilie les contraires – toujours ancrée dans l’artisanat pour opérer dans l’art contemporain ou encore s’intéresser au luxe mais en s’employant à utiliser des « objets pauvres ». Toujours est-il qu’elle emploie sa subtilité à dénoncer les sujets les plus sensibles par une extravagance formelle. Sur-jouer pour mieux figurer, pour mieux marquer.

« Contamination » ne fait pas exception à ce sillon tracé depuis de nombreuses années. Sous une apparente bienveillance, l’œuvre aux tonalités chatoyantes empreint de pop voire de baroque, l’artiste met en lumière le processus sournois de la contagion. D’ailleurs, ici, il ne s’agit plus de virus mais bien de girus – une entité de plus grande taille. Tout comme ce dernier, l’installation aux proportions impressionnantes infecte l’organisme hôte pour utiliser sa machinerie. Elle évolue aux grés de l’organisme qui l’accueille changeant de formes et de structures avec l’idée de mutation comme toute puissance.

Composée de tissus provenant du monde entier et de divers procédés de mise en relation, elle convoque la formidable capacité de circulation du virus dont la diversité prépare à l’épreuve. Derrière ses apparats de fête se loge un processus violent d’une complexité fascinante et, c’est peut être cet effet contrastant qui oblige, à la vue de l’installation, à hésiter entre stupeur, frayeur et enchantement.

Un texte de Huseyin Tutar

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Beyond the strongly feminine nature of her work, Joana Vasconcelos is an artist who plays with tensions and reconciles opposites – always anchored in craft to operate in contemporary art or even interested in luxury but using « mere objects ». Still, she uses her subtlety to denounce the most sensitive issues through a formal extravagance. Overplay to better depict, to make a stronger impression.

« Contamination » is no exception to this furrow, drawn since many years. In an apparent goodwill, the artwork with shimmering tones imbued with pop, or even baroque, the artist highlights the insidious process of contagion. Moreover, we are not here talking about a virus but about a girus – an entity of a much larger size. Like the latter, the installation of impressive proportions infects the host organism to use its machinery. It evolves at the mercy of the organism that hosts it, changing shape and structure with the idea of mutation as omnipotence.

Composed of fabrics coming from all around the world and with various linkage processes, it summons the tremendous capacity of circulation of the virus whose diversity prepares to trial. Behind its celebration pomp hides a violent process of a fascinating complexity and, maybe it is this contrasting effect that forces hesitation between stupor, fear and delight, when facing the installation.

Written by Huseyin Tutar

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VIGILANT

LAURA SPLAN

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La plasticienne Laura Splan nous délivre des œuvres fragiles, épurées pourvues d’une harmonie incontestable mais dont la signification projetée à l’inverse se veut sans concession, dénonciatrice et porteuse d’une réflexion profonde sur le monde actuel.

« Vigilant » élaborée en 2002 est une oeuvre typique dans le processus artistique de Laura Splan. Sous un habile et délicat travail d’artisanat décoratif, l’artiste cache bien son jeu en délivrant une désynchronisation complète entre le fond et la forme. Ces beautés contagieuses, convulsives de forme ronde, habituées pour un usage domestique pénètrent dans nos foyers mentaux. Les tapis, de tailles et de motifs différents, accrochés sur le mur blanc de la galerie, perdent leurs fonctions initiales dans le but d’articuler une vision bien plus nocive de notre société. Les images proposées à la beauté abstraite et surréaliste sont en définitive des organismes vivants et des bactéries bio-terroristes observés au microscope. Comme si notre intérieur cossu était infesté de toutes les maladies terrestres. Un corps vivant et à risque qui s’immisce dans notre quotidien et poursuit sa route en toute tranquillité. L’homme nouveau crée ses propres pathologies au même titre qu’il crée ses anti-corps. La question demeure : jusqu’à quand ?

Un texte de Guillaume Robin

Laura Splan – “Vigilant”, hand latch-hooked yarn on stretched latch-hook canvas, 120H x 204W inches (installation dimensions variable)

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The visual artist Laura Splan delivers fragile, refined artworks, endowed with an undeniable harmony but whose projected meaning is on the contrary intended uncompromised, whistleblower and carrying a profound reflection on the world today.

« Vigilant » developed in 2002 is a typical artwork in the artistic process of Laura Splan. Under a skillful and delicate decorative craftwork, the artist hides his game by delivering a complete synchronization between content and form. These round contagious, convulsive beauties, accustomed to a household usage enter our mental homes. Carpets of different sizes and patterns, hanging on the white wall of the gallery, loose their original functions in order to articulate a vision far more harmful to our society. The proposed images with an abstract and surreal beauty are ultimately living organisms and bioterrorist bacteria observed microscopically. As if our comfortable interior was infested with all earthly diseases. A living and risky body that interfers in our daily lives and moves on in peace. The new man creates his own pathologies just as it creates its antibodies. The question remains: for how long?

Written by Guillaume Robin

 

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THA BACTERIAL SUBLIME

ANNA DUMITRIU

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Le travail de la plasticienne anglaise Anna Dumitriu est digne d’intérêt à plus d’un titre. Par une logique qui mise sur le principe d’une substitution de la maladie par la solution scientifique, Dumitriu entre dans la hiérarchie rare des artistes éthiques en passe de faire émerger une issue fondamentale aux divers maux de notre société. Comme le prédisait Marcel Duchamp : « Il n’y a pas de problèmes, que des solutions. »

Le développement de la collaboration entre l’Art et la science est, on le sait, devenue monnaie courante dans le monde de l’art contemporain. Pourtant Dumitriu change de directive en proposant de mettre sa discipline au service de la responsabilité civile. « The Bacterial Sublime » agit dans cette prise de considération face aux questions et problématiques de notre temps. Les questions déontologiques, morales traversent son œuvre protéiforme. Sur une robe élégante que l’on croirait issue d’un autre siècle, l’artiste a délibérément implanté des bactéries qu’elle tente par la suite d’éliminer grâce à des antibiotiques naturels.

Les vêtements et certaines maladies ont certaines fois tendance à nous évoquer la dramaturgie des siècles passés. L’idée romantique de la souffrance, de la détresse et de l’isolement se retrouve déformé par la vision de la plasticienne. La maladie dompte les corps, les temps et les siècles en exerçant un va-et-vient continuel. Ce n’est plus la définition d’une épidémie quelconque mais un exercice expérimental qui tends a prouver que ce que l’on nomme aujourd’hui « pandémie » sera le nouveau fléau du XXIème siècle. Dumitriu expose sa narration épuré, raffiné, sa poésie au service du devoir de mémoire et donc de la prévention.

Un texte de Guillaume Robin

 

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The work of the English visual artist Anna Dumitriu is worthy of interest for more than one reason. Through a logic that relies on the principle of substitution of the disease by the scientific solution, Dumitriu enters the rare hierarchy of ethical artists who on their way to raise a fundamental outcome to the various evils of our society. As predicted by Marcel Duchamp: « There are no problems, only solutions. « 

The development of the collaboration between Art and Science has, as we know, become a commonplace in the world of contemporary art. Yet Dumitriu changes directive by proposing to put her discipline in the service of civil liability. « The Bacterial Sublime » acts in this consideration against the questions and problems of our time. Ethical and moral questions cross over her protean work. On an elegant dress that you would think coming from another century, the artist deliberately implanted bacteria that she tries subsequently to eliminate through natural antibiotics.

Clothes and some diseases sometimes tend to evoke the drama of past centuries. The romantic idea of suffering, distress and isolation is found deformed by the vision of the artist. The disease masters body, times and centuries exerting a continual back and forth. This is not the definition of some epidemic anymore but an experimental exercise that tends to prove that what is now called « pandemic » will be the new plague of the 21st century. Dumitriu exposes her uncluttered, refined narrative, her poetry serving the duty to remember and therefore, prevention.

Written by Guillaume Robin

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TRANSFERS

CAITLIN BERRIGAN

Il est vrai que s’interroger sur la vie peut relever d’un exercice périlleux dans lequel un certain mysticisme sibyllin guette, doublé d’un enrobage philosophique patent.

Mais, n’est-il pas, au fond une résultante de tout travail artistique ? Car il s’agit bien de cela : interroger pour remonter aux fondements, à savoir l’exercice de la vie. Catlin Berrigan travaille dans ce sens puisqu’elle s’attache à mettre en musique l’imperceptible, le délicat, le dissimulé, ce qui opère à la dérobée mais qui, pourtant est à l’origine du fondamental. Le « rien » au service du tout. Et « Transfers » marque les esprits. Dans cette vidéo, l’artiste se met en scène et joue avec le principe de vases communicants. Nous la voyons opérant un transfert de lait d’un récipient à un autre par l’intermédiaire de passages en bouche.

Cette œuvre produite en 2009 est criante d’actualité. Dans un monde qui s’aseptise, dans lequel le tout hygiéniste est roi, transmettre du liquide par voie orale – au sens premier du terme – a de quoi troubler. Derrière la simplicité du geste se cache un mal être profond, un glissement perceptuel fâcheux. Comment le contact interpersonnel, fusse-t-il buccal peut-il autant déranger? C’est ce que tente de démontrer l’artiste. D’ailleurs le choix du lait n’est pas anodin. N’est-il pas lui aussi à l’origine de la vie ?

Un texte de Huseyin Tutar

 

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It is true that thinking about life can be a perilous exercise, in which a certain enigmatic mysticism watches, coupled with an obvious philosophic coating.

But, isn’t it fundamentally a result of all artistic work? Indeed, this is the subject: to question so as to go back to the basics, namely the practice of life. Catlin Berrigan works in this direction as she makes every effort to put the imperceptible, the delicate, the hidden to music, what operates in secret but which is nevertheless at the origin of the fundamental. The « nothing » in the service of the whole. And « Transfers » makes an impression. In this video, the artist puts herself on a performance and plays with the principle of communicating vessels. We see her operating a transfer of milk from a container to another through passages in the mouth.

This artwork produced in 2009 is stunningly contemporary. In a more and more aseptic world, in which the hygienist is king, to transmit some liquid by mouth – in the original sense of the word – may be disturbing. Behind the simplicity of the gesture lies a deep malaise, an annoying perceptual shift. How can the interpersonal contact be so bothering, no matter if oral or not? This is what the artist wants to demonstrate. Indeed, the choice of milk is not innocent. Isn’t it at the origin of life too?

Written by Huseyin Tutar

 

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EBOLA

LUKE JERRAM

JERRAM
Depuis 2004, l’artiste Luke Jeram développe son projet intitulé « Glass Microbiology », fait d’imposantes sculptures en verre présentant les virus qui sévissent aujourd’hui. En retirant l’enveloppe colorimétrique liée à l’imagerie scientifique, le plasticien souhaite évoquer une « présence » plus qu’une une schématisation prédéfinit et impersonnelle.

Le seul fait de transformer l’entité biologique en pièce d’art témoigne de la volonté de transformer notre perception du métabolisme humain. Ces chrysalides en verre cellulaire, génétique attirent l’œil par un effet optique hypnotisant. De formes et d’aspects diverses, ces germes translucides ressemblent à des apparats décoratifs alors que la réalité montrée est tout autre… Le HIV, la malaria, les bactéries diverses, voilà quelques uns des titres donnés à ces objets mystérieux. Ces sculptures, presque des espèces variées à la charnure cristalline ont de quoi effrayer. Aussi, l’esprit critique n’est jamais loin : l’observation de l’aspect graphique de toute beauté, la netteté des formes et la finition parfaite évoquent de manière sarcastique les magnifiques parures de l’industrie du luxe. L’œuvre « Ebola » reste plus que d’actualité aujourd’hui. Sous la beauté, réside le génome de l’horreur.

Un texte de Guillaume Robin

 

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Since 2004, the artist Luke Jeram develops his project entitled « Glass Microbiology », makes impressive glass sculptures showing the viruses that strike nowadays. By removing the colorimetric envelope linked to the scientific imaging, the artist wishes to evoke a « presence » more than a predefined and impersonal mapping.

The very fact to transform the biological entity into a piece of art reflects the desire to transform our perception of the human metabolism. These chrysalises made of cellular, genetic glass catch the eye through a mesmerizing visual effect. With various forms and aspects, these translucent germs look like decorative trappings while the reality shown is quite different… The HIV, malaria, various bacteria, these are just some of the names given to these mysterious objects. These sculptures, almost varied species of crystalline fleshiness could scare. Also, critical thinking is never far away: the observation of the graphic aspect of all beauty, the clarity of forms and the perfect finish evoke sarcastically beautiful ornaments of the luxury industry. The artwork « Ebola » remains today more relevant than ever. Beneath the beauty lies the genome of horror.

Written by Guillaume Robin