Le Sport : le jeu des apparences.

L’idée reçue selon laquelle l’art contemporain et le sport n’auraient rien à se dire est tenace. Il est vrai que si l’on s’intéresse essentiellement à la quantité de travaux réalisés par les artistes actuels sur le sujet, notre regard a vite fait d’en faire le tour. Pourtant cette vache maigre artistique ne doit pas nous faire perdre de vue que le sport mérite bien une plus grande attention de nos artistes. Quelques raisons qui vont dans ce sens :

1/ Le sport est une composante essentielle de la culture populaire. Cette dernière touche le plus grand nombre et fournit également un grand nombre de symboles iconoclastes. 2/ Par ailleurs, le sport est un formidable objet d’étude. Selon le philosophe Denis Moreau, « il est une caractéristique marquante, intéressante de l’humanité qui permet un bon chemin pour réfléchir à nos petits problèmes, nos petites difficultés d’êtres humains ». Prenons l’exemple du rugby. Dans le combat fraternel que se livrent les joueurs, n’y-a-t-il pas en fin de compte le rêve de ne faire plus qu’un, ne joue-t-on pas avec l’aléatoire et ne prenons nous pas de risques tels que nous le faisons au cours de notre vie ? 3/ Enfin le sport procède d’un même état que celui rencontré dans les arts : l’acte créateur, de sa réflexion à sa concrétisation. Le sportif, tout comme l’artiste, s’exerce à la répétition des gestes, il recherche l’automatisme, il laisse la part belle à l’intuition et à l’intelligence du corps. Avec toujours, en creux, un esthétisation de la pratique. Dans les sports de raquette par exemple, n’y-a-t-il pas une recherche constance de grâce, de beauté du geste ? Le joueur n’y cherche-t-il pas à conquérir toujours plus d’espace pour au final s’abandonner à la comédie de l’existence comme peuvent le faire les artistes ?

A quelques jours de l’ouverture de la coupe du monde de rugby, Combine souhaite montrer par le travail de 6 artistes que le sport et l’art ont beaucoup à nous apprendre.

Huseyin Tutar

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Sport: the game of appearances

The myth that contemporary art and sport have nothing to say to each other is tenacious. It is true that if we are primarily concerned with the amount of work done by contemporary artists on the subject, our gaze covers everything fairly quickly. But these lean artistic times should not make us forget that the sport deserves greater attention from our artists. Some reasons that go in this direction:

1/ Sport is an essential part of popular culture. The latter affects the largest number and also provides a lot of iconoclastic symbols. 2/ Furthermore, sport is a formidable object of study. According to the philosopher Denis Moreau, « it is a prominent, interesting feature of humanity that allows a good way to think about our little problems, our little difficulties of human beings« . Take the example of rugby. In the fraternal struggle between the players, isn’t there in the end the dream of being just one, don’t we play with random and don’t we take the same risks as we do all along our lives? 3/ Finally sport stems from the same state as that the one encountered in arts: the creative act, from its thinking to its realization. The athlete, as the artist, trains himself to the repetition of gestures, he searches automatism, he leaves a great place to body intuition and intelligence. With always: a hollow aestheticisation of the practice. In racket sports, for example, isn’t there a constant search of grace, of beauty in the gesture? Is the player not always seeking to conquer more and more space to, in the end, surrender to the comedy of existence as artists can do?

A few days before the opening of the Rugby World Cup, Combine want to show through the work of 6 artists that sport and art have much to teach us.

Huseyin Tutar

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SANS TITRE

RICHARD FAUGUET

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Depuis ses débuts, Richard Fauguet aime à piocher dans l’imagerie de la culture populaire. Au delà de lui fournir un matériau riche et varié, elle est surtout une formidable caisse de résonance sociétale colorant son travail de représentations et d’affects collectifs. Par cette intermédiaire, il lutte contre l’obsolescence du regard, la fatigue d’un œil trop souvent sollicité et habitué à voir les mêmes objets, les scènes quotidiennes qui se répètent à l’infini et auxquelles nous n’accordons plus la moindre attention.

Et c’est bien ce qu’il se propose de toucher et nous donner à voir lorsqu’il réalise cette installation : une table de pongiste avec la décomposition du mouvement de balles échangées entre 2 protagonistes absents.

Cette œuvre est incroyable par sa capacité à nous déciller le regard. Elle bouleverse et redistribue nos repères spatio-temporels. A la manière des futuristes qui prônaient l’amour de la vitesse la rendant visible dans leurs compositions, Richard Fauguet transforme une simple saynète sportive en un foisonnement de formes qui densifie le lieu créant dans la foulée un sentiment de submersion magnifiée.

Un texte de Huseyin Tutar

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Since his beginnings, Richard Fauguet likes to dip into the imagery of popular culture. Even more than providing him a rich and varied material, it is above all a great societal soundboard coloring his work with collective representations and emotions. Through this mean, he struggles against obsolescence of the gaze, tiredness of an eye too often sought and used to seeing the same objects, the everyday scenes that repeat infinitely and to which we do not give attention anymore.

And that is what he intends to touch and give us to see when he realizes this installation: a Ping-Pong table with the breakdown of the motion of the balls exchanged between two absent players.

This artwork is amazing in its ability to open our eyes. It upsets and redistributes our spatiotemporal references. Like the futurists, who advocated love of speed, making it visible in their compositions, Richard Fauguet transforms a simple sporting sketch in a profusion of forms that densifies the place while creating a feeling of magnified subversion.

Written by Huseyin Tutar

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RUGBY

EDOUARD LEVE

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A l’époque de sa courte activité (dû au suicide du protagoniste en 2007), Edouard Levé, plus écrivain qu’artiste, a eu le temps de nous proposer des images insolites sorties d’une série étonnante consacrée au sport. Sauf qu’ici, les sportifs en action ne sont autres que des citadins et des business man reprenant les postures des athlètes concernés.

Dans cette série shootée en 2003, Levé a transmuté le Rugby, ses comportements et ses attitudes dans la vie active. Les personnages tout en mouvement habillés en pantalons de toile, chemises de bureau et mocassins aux pieds, ressemblent à des fantômes à la recherche d’une balle perdue. La photographie ainsi fixée se donne comme but d’offrir une image surréaliste tout en montrant la barbarie de notre société, comme si l’activité professionnelle renfermait en elle, peu ou prou, les mêmes codes que le sport, le fair-play en moins : règles, fautes, performances, combats, stratégies, concurrence – Tout y est.

Tel un groupe de sculptures antiques en mouvement à l’instar du Taureau Farnèse, la modernité en plus, ces figures monumentales nous interrogent sur les concomitances qui pré-existent entre le monde du sport et celui de l’art, ce dernier qui a tendance à se professionnaliser de plus en plus.

Un texte de Guillaume Robin

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At the time of his short activity (due to the protagonist’s suicide in 2007), Edouard Levé, more writer than artist, has had time to provide us with unusual images taken from a stunning series devoted to sport. Except that here, athletes in action are townspeople and businessmen copying the postures of athletes.

In this series photographed in 2003, Levé has transmuted Rugby, its behaviors and attitudes into working life. The moving characters dressed in linen trousers, office shirts and moccasins on their feet, look like ghosts searching for a lost ball. The photography sets itself as a goal to offer a surrealist image while showing the barbarity of our society, as if the professional activity contained in itself, more or less, the same codes as sport, without fair play: rules, faults, performances, battles, strategies, competition – everything is there.

As a group of moving ancient sculptures, like the Taureau Farnèse, but more modern, these monumental figures question us about the concomitances that pre-exist between the worlds of sport and the world of art, the latter tending to professionalize itself more and more.

Written by Guillaume Robin

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THE COMPETITION MYTH

KARL HAENDEL

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Nous ne pouvions pas à quelques jours de l’ouverture de la coupe du monde de rugby ne pas aborder le travail de Karl Haendel notamment « The Competition Myth ». Huit dessins au graphite, d’une précision quasi chirurgicale dépeignant un des sports modernes les plus violents pour le corps humain : le football américain.

Dans ce travail hyperréaliste en écho à un article du New York Times traitant des traumatismes physiques et mentaux – dont un grand nombre d’athlètes américains sont victimes – l’artiste, par un jeu d’agrandissement plonge le spectateur dans un choc des corps d’une violence arrière-pensée. D’ailleurs comme le dit l’artiste, « l’utilisation des photos sur le projecteur permet de changer d’échelle et d’appréhender les différentes tailles de ces images en relation avec celle, statique, du corps humain. La notion d’échelle implique une taille standard pour chaque chose. Modifier l’échelle permet d’en prendre conscience. »

Par ailleurs et comme à son habitude, c’est à dire attaché aux moindres détails, il contrebalance cette brutalité par une dramaturgie soignée qui renvoie non plus à une lutte mais à des actes habilement chorégraphiés.

Critique subtile de la société étatsunienne en attente d’une violence canalisée et cathartique, chaque dessin est composé de 4 feuilles regroupées à la manière d’un poster accroché dans la chambre d’un jeune fan, comme si dès le plus jeune âge, on nous apprenait à vivre la violence.

Un texte de Huseyin Tutar

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Just a few days before the opening of the Rugby World Cup, we could not avoid approaching the work of Karl Haendel namely « The Competition Myth ». Eight graphite drawings, with an almost surgical precision depicting one of the most violent modern sports for the human body: American football.

In this hyper-realistic work echoing an article of the New York Times dealing with the physical and mental trauma – of which many US athletes are victims – the artist, through an enlargement trick immerses the viewer in a clash of bodies of an “after-thought” violence. Besides, as the artist says, « the use of pictures on the projector allows to change the scale and to apprehend the different sizes of the images in connection with the one, static, of the human body. The notion of scale implies a standard size for everything. Modifying the scale allows us to be aware of it. « 

Furthermore and as usual, that is to say attached to the lesser detail, he counterbalances this brutality with a refined dramaturgy that does not refer anymore to a struggle but to cleverly choreographed acts.

Subtle critique of the American society waiting for a controlled and cathartic violence, each drawing is composed of 4 sheets grouped together in the manner of a poster hung in the room of a young fan, as if from the youngest age, we were taught to experience violence.

Written by Huseyin Tutar

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DRAWING RESTRAINT

MATTHEW BARNEY

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Tout le monde connaît Matthew Barney, ex-compagnon de la chanteuse Björk, artiste pluridisciplinaire et auteur d’œuvres cinématographiques inclassables, mais qui sait que, peu avant sa consécration, ce même homme fut athlète de haut niveau et grand adepte des salles de sport ? Car au-delà de son adoration pour l’exercice artistique, Barney a toujours porté en haute considération le sport et ses vertus. Du coup, le plasticien s’est employé, au sens propre comme au sens figuré, tout au long de sa carrière, à tenter d’élaborer un langage où les notions d’exigence, de performance et de prouesse (qualités requises pour le domaine sportif) s’entremêleraient en flux continu pour conter en creux le récit grandiose ce grand mythe qu’est l’union du corps et de l’esprit.

Dans la série des Drawing Restraint commencée en 1987 et depuis, en constante évolution, Matthew Barney s’est imposé une série de contraintes et d’obstacles physiques pour aboutir, au final, à la matérialisation d’étranges pièces esthétiques. Ancien sportif à l’Université de Yale, il s’agissait pour lui de tester les limites de son corps et par extension de redéfinir les frontières de la création par rapport à une structure purement physique. On peut l’observer dans la multitude de photographies et de vidéos prises par son assistant dans son studio et dans lesquelles Barney tente de dessiner, avec l’aide d’un trampoline, des figures au plafond ou encore de repeindre, attaché à une corde, le mur d’une plinthe.

Le résultat est saisissant. Mélange de formes abstraites et chimériques, ces lignes « saccadées » posent en outre la question du rôle de l’existence corporelle dans la création. Les résistances induites dans ces épreuves et la volonté de créer quel qu’en soit le prix, irradient ces gestes forts qui, quelque part, nous font penser à la persévérance et à la démarche des athlètes antiques à Olympie, qui jouaient et se consumaient pour leurs dieux. Sans parler du sport en tant que tel, l’artiste en utilise ses composants et les transforme afin de prolonger l’histoire du Body Art. Cette œuvre fascinante est un des prolégomènes des créations futures du plasticien, des nombreux Cremaster à son dernier film, River of Fundament.

Un texte de Guillaume Robin

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Everybody knows Matthew Barney, former partner of the singer Björk, multidisciplinary artist and author of unclassifiable films, but who knows that, shortly before his consecration, this man was a top athlete and a great fan of sports halls? Beyond his adoration of the artistic exercise, Barney has always highly considered sport and its virtues. Thus, the artist has applied himself, literally as figuratively, throughout his career, to trying to develop a language where the notions of requirement, performance and achievement (qualities required for sports) would be mixed up in a continuous flow to implicitly tell the great story of this great myth that is the union of body and mind.

In the Drawing Restraint series, started in 1987 and constantly evolving since then, Matthew Barney has imposed a series of constraints and obstacles to lead ultimately to the materialization of strange aesthetic pieces. Former athlete at Yale University, he wanted to test the limits of his body and by extension to redefine the boundaries of creation against a purely physical structure. This can be seen in the multitude of photographs and videos taken by his assistant in his studio and in which Barney tries to draw figures on the ceiling with the help of a trampoline, or to repaint the wall of a baseboard, being tied to a rope.

The result is striking. Mixture of abstract and fanciful forms, these « jerky » lines also raise the question of the role of bodily existence in creation. The resistances induced in these trials and the will to create whatever the price, radiate in these strong gestures, which make us think about the perseverance and the approach of the ancient athletes at Olympia, who played and consumed themselves for their gods. Without mentioning the sport as such, the artist uses and transforms its components to extend the history of Body Art. This fascinating work is one of the prolegomena of the future creations of the artist, from his numerous Cremaster to his latest film, River of Fundament.

Written by Guillaume Robin

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ZIDANE, UN PORTRAIT DU XXI SIECLE

DOUGLAS GORDON / PHILIPPE PARRENO

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Un peu comme l’humour durant une longue période, le sport a été et reste d’ailleurs dans une certaine mesure un mal aimé de l’art. Pour Douglas Gordon et Philippe Parreno, faire un film autour de Zinedine Zidane était une formidable occasion de réunir démarche artistique et passion partagée pour le football.

Avec ce film réalisé avec l’aide de 17 caméras exclusivement cadrées sur le joueur durant 90 mn – temps similaire à un long métrage – l’idée première était de décentrer l’attention pour que celle-ci se porte non plus sur le déroulé du match mais davantage sur un joueur qui l’anime. Ses moindres gestes, expressions ou encore émotions sont traquées. Très vite c’est l’intuition qui prédomine, là où l’intellect est relégué au rang de support. Ainsi, les artistes dressent un portrait édifiant d’un match de foot, « où le spectateur n’est plus dans la récit factuel d’un match mais dans la subjectivité d’un protagoniste ». Et quel protagoniste ? Zidane, joueur fantastique et élégant qui, dès sa touche de balle, transmute le jeu et le libère de ses pesanteurs. Doté d’une force de concentration incroyable qui s’imprime avec ténacité sur son visage, le rendant envoutant aux dires des artistes, le film c’était avec ce joueur où il ne se faisait pas.Un film, tel un tableau tout en contrepoint qui prend par la main le spectateur pour partir en voyage avec le héros.

Un rapprochement entre culture populaire et monde de l’art, véritable ambition des 2 artistes. C’est d’ailleurs pour cela que le film devait être montré dans des salles de cinéma et pas seulement dans les lieux d’expositions.

Un texte de Huseyin Tutar

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A bit like humor for a long time, sport has been and is still to some extent unloved by art. For Douglas Gordon and Philippe Parreno, making a film about Zinedine Zidane was a great opportunity to bring together artistic approach and shared passion for football.

With this film made with the help of 17 cameras exclusively framed on the player for 90 minutes – similar length to a feature film – the first idea was to decentralize the attention so that it is not longer about the progress of the game but more on the player that makes it exist. His every move, expression or emotion is stalked. Quickly, intuition predominates, while the intellect is relegated to support. Thus, the artists paint an edifying portrait of a football game, « where the viewer is no longer in the factual narrative of a game but in the subjectivity of a protagonist. » And what a protagonist? Zidane, fantastic and elegant player who, from the moment he touches the ball, transmutes the game and releases it of its heaviness. Equipped with an incredible ability of concentration that prints itself with tenacity on his face, making him captivating according to artists, the film was to be done with this player or not at all.A film, such as a painting full of contrast, that takes the viewer by the hand to go on a journey with the hero.

The reconciliation between popular culture and the world of art was the real ambition of two artists. By the way, this is why the film was to be shown in cinemas and not only in the exhibition spaces.

Written by Huseyin Tutar

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PING POND TABLE

GABRIEL OROZCO

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Daté de 1998, l’œuvre « Ping Pond Table » de l’artiste mexicain Gabriel Orozco est plus que d’actualité. Dans un monde où l’homme a tendance à chercher de nouveaux moyens de divertissement, cette installation, composée de 4 demi-Tables de Ping Pong construites en ovale et agencées en croix, est une œuvre pionnière qui mime les envies et les désirs contemporains. Au milieu de ces tables étranges, trône une petite mare aux nénuphars (Pond en Anglais signifiant mare) ajoutant à cette occasion un peu de poésie à l’ensemble.

Nouveau jeu, nouvelles règles, nouvelle dynamique, nouvelle gestuelle centrés sur la contrainte. Il s’agit d’une confrontation de plusieurs joueurs à travers laquelle ces derniers devront éviter de faire échouer leur balle dans le petit ruisseau formé autour du petit espace carré. Entre joute de pensée et joute de balle, il n’y a qu’un pas. En voulant proposer une nouvelle vision du jeu, Orozco offre à ses pairs la possibilité de transformer les règles qui régissent notre environnement : seule solution au changement sociétal et social. L’espace modifié amène le joueur et le spectateur, à reconsidérer ses habitudes mais aussi, par ricochet, à ré-agencer totalement l’organisation de sa pensée. Comme le plasticien aime à le préciser : « C’est peut-être un jeu un peu plus philosophique. Je crois que les philosophes grecs essayaient de résoudre les problèmes philosophiques et mathématiques en marchant. » En somme, être toujours en activité donnerait matière à réfléchir… De fait, dans le sport même, l’esprit ne cesse d’être en mouvement : le sportif est un éminent stratège, un malin doté d’un esprit de guerrier. Il pense et s’active afin de trouver des solutions qui lui permettront d’arriver à ses fins, c’est à dire : gagner.

Cette œuvre puissante et poétique ne vieillit pas et émet un triple plaisir qui serait d’ordre physique, ludique et intellectuel. Et si le sport devenait vraiment conceptuel ?

Un texte de Guillaume Robin

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Dated 1998, the artwork « Ping Pond Table » by the Mexican artist Gabriel Orozco is more than relevant in today’s context. In a world where Mankind tends to seek new ways of entertainment, this installation, composed of 4 half Ping Pong oval tables, arranged in a cross, is a pioneering artwork that mimics the contemporary desires and wishes. In the middle of these strange tables, stands a small water lilies pond adding on this occasion a little poetry to the work.

New game, new rules, new dynamics, new gestures centered on constraints. It is a confrontation of several players through which they should avoid to make their ball fall in the small stream formed around the small square space. There is only one step between jousting thought and ball. By wanting to propose a new vision of the game, Orozco offers his peers the possibility to transform the rules that govern our environment, only solution to societal and social change. The modified space brings the player and the spectator to reconsider his habits but also, indirectly, to completely rearrange the organization of his thought. As the plastic artist likes to specify: « Perhaps it is a little more philosophical play. I believe that the Greek philosophers tried to solve the philosophical and mathematical problems by walking. « In short, always be active would give food for thought … In fact, in sport itself, the mind is constantly on the move: the athlete is an eminent strategist, a clever mind with a warrior spirit. He thinks and is active is to find solutions that will enable him to achieve his goals, ie: winning.

This powerful and poetic artwork does not age and emits a triple pleasure that would be physical, intellectual and playful. What if the sport was getting really conceptual?

Written by Guillaume Robin