Laboratoires pharmaceutiques, un enjeu citoyen.

Les Francs-Maçons, L’Amour, Les Juifs, La Pauvreté, Les Etrangers, Les Riches … Pour tous ces sujets qui s’invitent à intervalles réguliers dans les éditoriaux, les journalistes ont forgé un mot : Les Marronniers. Le principe du marronnier est simple : un sujet intemporel ou suffisamment large auquel il ne faut surtout apporter aucune réponse, leurs fréquences d’apparition tenant lieu de traitement. Pour autant la frénésie d’une information en continu sans limite aura vite épuisé ces marronniers et en réclamera d’autres. A bien des égards, les laboratoires pharmaceutiques présentent toutes les caractéristiques nécessaires pour prétendre entrer dans le genre. Un monstre tentaculaire, des situations monopolistiques, une opacité à toute épreuve, des conflits d’intérêts comme moteur de développement, et bien entendu de l’argent, beaucoup d’argent. De quoi alimenter sans fin, fantasmes et conjectures. Et s’y perdre en contre-feux aussi vains que désespérés. Car au delà des enjeux financiers et des multiples accrocs aux règles de droit les plus élémentaires, dont nous avons presque pris l’habitude aujourd’hui, les enjeux sont : quelle est la nature d’une recherche orientée par des enjeux financiers ? Comment se définissent le traitement et le soin à cette aune là ? Enfin, la question de la vie et de la mort a t-elle encore un avenir philosophique ou doit elle être conditionnée et soumise à la logique libérale du moment ? Il faut être précis.

Servier et le Médiator, Jean-Claude Mas et les prothèses mammaires, Aquilino Morelle et le Seroplex, auxquels il faudra ajouter l’ensemble des prochains scandales qui alimenteront les éditoriaux, ont tous un point commun. Une logique exclusivement financière qui affecte la santé de nos concitoyens et détourne la recherche de son but principal : soigner et guérir. Nous avons nous, citoyens, par faiblesse, par manque d’information et aussi par manque de temps, tant les dérégulations auxquelles nous avons à faire face sont nombreuses, abdiqué.
Alors, aujourd’hui et demain plus encore, ce sont des entreprises privées qui détermineront ce qui doit être soigné et ce qui ne doit pas l’être. Plus effrayant encore, comment soigner telle ou telle pathologie, non plus en fonction des chances de rémission ou d’éradication de la maladie mais en fonction de ce qui sera le plus rentable pour l’économie de la santé.
Le baclofène en offre probablement la preuve la plus récente.

Ce médicament découvert par le docteur Olivier Ameisen en 2008 et qui traite l’alcoolisme de manière efficace a le terrible désavantage d’être tombé dans le domaine public et de ne pouvoir apporter aucune retombée financière. Sa seule valeur : permettre de guérir des millions de personnes. L’alcoolisme qui tue une personne toutes les 10 minutes dans le monde, a dorénavant un traitement mais il n’aura retenu l’intérêt d’aucun laboratoire. En se refusant à investir le moindre centime dans un protocole scientifique qui permettrait d’établir de façon incontestable l’efficacité du baclofène, des centaines de milliers de malades meurent chaque année depuis 2008 alors qu’ils pourraient être traités.
Pourtant, si cela est encore possible, il y a plus grave. Ces mêmes laboratoires pharmaceutiques continuent, dans le même temps, à investir des milliards pour améliorer un traitement contre l’alcoolisme, qui en ne faisant que diminuer l’appétence à l’alcool, permet la perpétuation d’une chronicité, elle même génératrice d’énormes profits. Au détriment de la recherche, des malades et des comptes sociaux ! Aussi peut-on envisager un monde où la maladie en viendrait à changer de paradigme. La question ne serait plus sa guérison ou sa disparition mais sa préservation sous une forme socialement acceptable et dépendante d’une pharmacologie idéologisée. La maladie ne serait donc plus un critère ; c’est l’économie de la maladie qui le deviendrait.

Ce n’est pas de la politique fiction, cela se passe aujourd’hui et la France en est l’un des principaux théâtres. Exercer sa citoyenneté c’est se préoccuper de cette utilisation mercantile de la santé, imposer des contre-pouvoirs et créer des obligations législatives. Réintroduire l’intérêt général là où règnent les intérêts particuliers. Réintroduire la politique au cœur de la cité. Ce n’est pas de souveraineté nationale dont nous avons besoin mais d’une nouvelle souveraineté citoyenne.

CHRISTOPHE BILLORET

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Pharmaceutical laboratories, a citizens’ issue.

Freemasons, Love, Jews, Poverty, the Foreigner, the Rich… For all those topics that invite themselves in editorials at regular intervals, journalists have forged an expression: the Old Chestnuts. The “evergreen” principle is simple: a timeless or sufficiently broad topic to which we must not make any response, their frequencies of occurrence acting as a treatment. For all that, the frenzy of unlimited continuous information will soon have exhausted these old chestnuts and will claim for others. In many ways, the pharmaceutical companies have all the features needed to be included in this type. A sprawling monster, monopolistic situations, a rock-solid opacity, conflicts of interest as main driving force, and of course money, a lot of money. Enough to supply endless fantasies and conjectures. And get lost in as vain as desperate counter-fires. Because beyond financial issues and multiple misuses of the most basic rights, which we have almost become accustomed today, the issues are: What is the nature of a research oriented by financial issues? How to define treatment and care on this basis? Finally, does the question of life and death still have a philosophical future or does it have to be linked and submitted to the liberal logic of the moment? You have to be precise.

Servier and the Mediator, Jean-Claude Mas and his breast prostheses, Aquilino Morelle and the Seroplex, on top of which must be added all the future scandals that will feed editorials, all have a common point. A purely financial logic that affects health of our citizens and distracts Research from its main goal: healing and curing. We, as citizens, have abdicated, by weakness, lack of information and lack of time too, in front of the numerous deregulations that we have to face. So, today and even more tomorrow, the private companies are the ones that will determine what should be cured and what should not be. Even more frightening, how to treat a particular disease, according to what is most profitable for health economics rather than based on the likelihood of remission or eradication of the disease.

Baclofen probably provides the most recent evidence. This drug discovered by Dr. Olivier Ameisen in 2008 and which treats alcoholism effectively has the terrible disadvantage of being in the public domain and of not providing any financial benefits. Its only value: curing millions of people. Alcoholism that kills one person every 10 minutes in the world now has a cure but it has not retained the interest of any laboratory. By refusing to invest a penny in a scientific protocol that would establish conclusively the effectiveness of baclofen, hundreds of thousands of patients die each year since 2008 whereas they could be treated. However, even if it is still possible, there are more serious issues. These very pharmaceutical companies are still, at the same time, investing billions to improve a treatment against alcoholism that allows the perpetuation of chronicity itself generating enormous profits, by only decreasing the alcohol appetite. At the expense of research, patients and social accounts!

So we can imagine a world where the disease would come to change the paradigm. The question would no longer be healing or curing a disease but preserving it under a socially acceptable form and dependent from an ideologized pharmacology. The disease would no longer be a criterion; it is the economy of the disease that would become one.

This is not political fiction, this is happening now and France is one of the main theaters. Exercise one’s citizenship is worrying about this mercantile use of health, impose counter-powers and create legal obligations. Reintroduce the public interest where private interests prevail. Reintroduce the policy at the heart of the city. This is not national sovereignty that we need but a new citizen sovereignty.

CHRISTOPHE BILLORET

 

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GRAAL

graal

Depuis déjà quelques années, la plasticienne Jeanne Susplugas s’immisce dans l’univers médical pour mieux décrypter les pathologies liées à notre époque. Avec comme ligne de conduite l’usage d’une symbolique conceptuelle évocatrice, l’artiste entend « réanimer » le débat sur l’implication du corps scientifique dans notre système de santé. Plus que de s’employer à la dénonciation convenue, Susplugas relaye avec exigence les questions de transparence sanitaire. L’œuvre « Graal », au-delà du domaine esthétique, ferait presque acte de prévention sociale.

Dans cette œuvre, Susplugas utilise le détournement d’un élément préfabriqué pour mieux faire sonner le tumulte des névroses cycliques qui jalonnent l’existence de l’individu. Le psychotrope anormalement agrandi et fabriqué en cristal, déploie tout un éventail de signifiants : l’aspect cristallin du comprimé, présenté comme le miroir en négatif de notre structure sociale, reflète ainsi notre faible constitution mentale ; la fracture exercée volontairement sur l’objet tend à faire découvrir les multiples cas atrophiés que la société rejette en masse. Sur le même plan, l’œuvre renvoie à nos propres questions sur les solutions thérapeutiques liées à ces produits dits miraculeux. Dans la lignée des objets surréalistes conçus par André Breton et consorts, cet « objet-bijoux » au relief clinquant se présente tel un totem moderne traçant le modèle d’un nouveau Dieu, créateur d’espérance.

L’anxiolytique, en même temps qu’il attire l’œil (objet magnifié par la matière), trouble le jugement (la brisure est exposée). En réalité, Susplugass révèle une des seules thérapies possibles pour sortir de la claustration contemporaine. Celle-ci a pour nom : « création ».

Une oeuvre de Jeanne Susplugas – « Graal » – 2013 – 15×60 cm – cristal – Musée du verre de Carmaux

http://susplugas.tumblr.com/

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It has already been several years that the visual artist Jeanne Susplugas interferes in the medical world to better decipher diseases linked to our time. With the use of an evocative conceptual symbolic as a guideline, the artist intends to « resuscitate » the debate on the involvement of the scientific body in our health care system. More than involving her in a conventional denunciation, Susplugas intransigently relays the issues of health safety transparency. The artwork « Graal », beyond the aesthetic realm, would almost act as a social prevention.

In this work, Susplugas uses the misappropriation of a prefabricated element to better make resonate the tumult of the cyclic neuroses that mark the existence of the individual. The psychotropic abnormally enlarged and made of crystal, deploys a range of signifiers: the crystalline appearance of the tablet, shown as the negative mirror of our social structure, thus reflects our poor mental constitution; the fracture voluntarily exercised on the object tends to uncover the multiple atrophied cases that society massively rejects. On the same level, the artwork refers to our own questions on therapeutic solutions related to these so-called miracle products. In the tradition of surrealist objects designed by André Breton and others, this  » jewelry object » with flashy reliefs looks like a modern totem tracing the model of a new God, creator of hope.

The anxiolytic, at the same time it attracts the eye (object magnified by the matter), disturbs the judgment (the break is exposed). In reality, Susplugass reveals one of the only possible therapies to overcome contemporary confinement. This is called « creation. »

a work by Jeanne Susplugas

http://susplugas.tumblr.com/

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GOD

Même si le souci du présent a toujours été la marque de l’histoire, jamais une époque n’aura autant subi l’influence de ce dernier, quitte parfois, à nier le passé et à ignorer le futur.

Pascal disait du temps qu’il est primitif c’est à dire qu’il ne nécessite aucunement une définition car « la nature nous en a elle-même donné, sans paroles, une intelligence plus nette que celle que l’art nous acquiert par nos explications ». Et c’est vrai qu’il est difficile une fois le langage saisi d’en appréhender toute sa substance. Le présent perpétuel dans lequel nous évoluons aujourd’hui nous pousse à essayer de maitriser ce même présent pour que, celui-ci résiste au temps.

L’artiste Ruta Cordo a voulu au travers de sa vidéo incarner notre idéal de vie « présentiste » qui nous pousse à vouloir vivre sans pause, sans vide, sans temporalité et, au sein duquel les laboratoires ont su trouver une place de choix pour nous aider à y parvenir – comme pour poursuivre une quête de l’immortalité et ainsi s’inscrire en un ersatz théiste.

Oeuvre de RUTA CORDO

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Even if the concern of present has always been the hallmark of history, never a time had that much been influenced by the latter, even if it sometimes means denying the past and ignoring the future.

Pascal said that the time is primitive, i.e. it does not require a definition because « nature itself has given us, without words, a clearer understanding of it than the one that art helps us acquiring through explanations« . And it is true that it is difficult once the language is used to grasp all of its substance. The perpetual present in which we live today pushes us to try to master this very present for it can resist time.

The artist Ruta Cordo wanted, through his video, to embody our “presentist” life ideal that drives us to want to live without pause, without vacuum, without temporality and in which the laboratories were able to find a special place to help us achieve it – as to pursue a quest for immortality and thus be consistent with a theist ersatz.

a work by RUTA CORDO

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KNOCK

pfier

En 2013, un médecin se soulevait contre l’industrie du médicament dans « Omerta dans les labos pharmaceutiques » paru aux éditions « Flammarion enquête ». Son auteur – le docteur Bernard Dalbergue – y décrit les rouages d’une organisation qui relève selon lui de la dictature (magouilles financières avec les médecins, études cliniques douteuses, effets secondaires passés sous silence…)

Il est indéniable que cette industrie puissante est, et sera, une source inépuisable de fantasmes. Apportant de nombreux bienfaits – elle guérit, elle lutte contre la douleur, elle améliore la vie de millions de patients – et pourtant, au moindre faux pas, elle est immédiatement diabolisée et taxée de tous les maux.

Malgré tout ce qu’elle apporte, elle n’arrive pas à bénéficier de l’image de bienfaiteur ; elle est systématiquement prisonnière de la représentation d’une grosse machine marketing à visée exclusivement mercantile.

Marie Lerin a voulu montrer au travers de « KNOCK » – clin d’œil à la pièce de Jules Romains pour qui tout bien portant est un malade qui s’ignore – cette quête de l’inaccessible noblesse d’intention. Comme un aveu d’impuissance, le laboratoire américain Pfizer est relégué sur le pas d’une porte, marquant de son empreinte boueuse son nom sur le paillasson d’individus qu’il soigne – peut être.

Oeuvre de MARIE LERIN

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In 2013, a doctor raised himself against the drug industry in » Omerta in pharmaceutical labs » published by “Flammarion Enquête” editions. Its author – Dr. Bernard Dalbergue – describes the workings of an organization that, according to him, falls into dictatorship (financial maneuverings with doctors, questionable clinical studies, ignored side effects…).

It is undeniable that this powerful industry is, and will be an inexhaustible source of fantasies. Bringing many benefits – it heals, struggles against pain, improves the life of millions of patients – and yet, at the slightest misstep, it is immediately demonized and accused to be the source of all problems.

Despite all that it brings, it cannot benefit from the image of benefactor; it is systematically trapped in the representation of an exclusively mercantile big marketing machine.

Marie Lerin wanted to show through « KNOCK » – a reference to the piece of Jules Romains who considers that all the healthy patients are actually unrevealed sick patients – this quest for the unattainable nobility of intention. As an admission of powerlessness, the American laboratory Pfizer is relegated on a doorstep, marking from its muddy footprint its name on the mat of people it – maybe – treats.

a work by MARIE LERIN

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MEDIAT(OR)

servier

En aucun cas ici, il s’agit de remettre en cause le rôle du praticien, protecteur de l’Homo sociologicus. Pourtant, en tant que simple citoyen, nous sommes en droit de nous demander qui contrôle et dicte la plume des nombreux généralistes détenteurs du savoir médical.

La santé publique est en cause quand l’intérêt économique dame le pion à la raison sociétale. La prescription peut, dans de multiples cas, s’avérer lourde de conséquence quand celle-ci circule à travers une forme d’ambition personnelle. La courbe vitale peut vite s’inverser si les incidences de tel ou tel médicament mis sur le marché ne sont attestées et rendues publiques. Personne ne veut y croire et pourtant, des organismes comme l’ANSM* ou l’EMA* ont probablement (et peut-être plus qu’on ne le croit) monnayé certains des plus grands experts médicaux, eux même financés par des industriels dans le seul but est de promouvoir leurs produits. Funeste fabrication d’un autre syndrome ou comment le marketing triomphe sur la condition humaine…

En utilisant l’exemple du tristement célèbre MEDIATOR, le plasticien entend dénoncer l’effet « costumes bleus » asservissant les « blouses blanches ». La mise en scène d’une fausse ordonnance atteignant directement la vie du créateur créer le trouble escompté. L’intégrité est amputée de son rôle fondamental. Et la seule réponse possible à la corruption restera en définitive la prévention par l’information.

Oeuvre de GUILLAUME ROBIN

*ANSM : Agence National de Sécurité du Médicament
* EMA : European Medicine Agency

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In no case here, it is to question the role of the practitioner, protector of Homo sociologicus. Yet, as a private citizen, we are entitled to ask who controls and dictates the pen of many holders of general medical knowledge.

Public health is at stake when the economic interest takes over societal reason. The prescription may in many cases be of some consequence when it flows through a form of personal ambition. The life curve can quickly be reversed if the implications of a particular drug on the market are not certified and made public. Nobody wants to believe and yet, organizations like ANSM* or EMA* probably (and maybe more than you think) traded some of the greatest medical experts, themselves financed by industries which sole purpose is to promote their products. Gloomy manufacture of another syndrome or how marketing triumph over the human condition…

Using the example of the infamous MEDIATOR, the plastic artist intends to denounce the « blue suits » effect enslaving the « white coats ». The staging of a fake prescription directly reaching the creator’s life creates expected disorder. Integrity is amputated of its fundamental role. And the only possible answer to corruption will ultimately be prevention through information.

Work by GUILLAUME ROBIN

*ANSM : Agence National de Sécurité du Médicament
* EMA : European Medicine Agency

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LABORATORIUM MORTUUS

CHOICE

En procédant par accumulation graphique, l’illustrateur Yann Sotard souhaite soulever la question épineuse du choix médical. Quels remèdes choisir et d’ailleurs pour quels symptômes ? La mise en abîme de ce schème existentiel dans une « abstraction dénonciatrice », suivant ses mots, est particulièrement intéressante dans cette société en agonie partielle.

Le renouvellement d’un art optique mis en parallèle avec le climat délétère issu des politiques actives en matière de santé publique ne peut que marquer les esprits conscients du malaise contemporain. Ce problème dans le milieu pharmacologique s’avère plus sérieux que prévu et pourrait sévir encore plus dans nos générations futures. Faut-il procéder par élimination pour rétablir l’équilibre physique et moral ? A qui doit on faire confiance dans cette faune organisée ? Qui, à l’avenir, aura le droit de vie ou de mort sur l’individu ? Des questions qui restent sans réponse mais réactivent, cependant, le rôle des laboratoires de recherche dont les visées ne devraient soutenir que le seul domaine de l’éthique. Anticipons la crise et ne soyons pas dupes du système monté de toutes pièces par ces industries soit disant salvatrices. Personne ne semble ignoré les faits et pourtant… le dictat autour de la matière grise, celle de l’argent, continue. Devant l’offre, la demande. Derrière la demande, le choix schizophrénique.

une oeuvre de YANN SOTARD

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By processing through graphic accumulation, the illustrator Yann Sotard wishes to raise the thorny issue of medical choice. What remedies to choose and for what symptoms? The mise en abyme of this existential scheme in a « whistleblower abstraction », according to his words, is particularly interesting in this society in partial agony.

The renewal of an optic art, set in parallel with the poisonous atmosphere from active policies in public health, can only mark the minds who are conscious of contemporary uneasiness. This issue in the pharmacological environment is more serious than expected and could be even more present in our future generations. Should we use of a process of elimination to restore physical and mental balance? Who should we trust in this organized wildlife? Who, in the future, will have the right of life and death over the individual? Questions that remain unanswered but reactivate, however, the role of research laboratories whose aims should only support the ethics area. Let’s anticipate the crisis and not be fooled by the system, entirely fabricated by these industries supposedly salutary. Nobody seems to ignore the facts and yet… the diktat around the gray matter, the money on, continues. Before offer, demand. Behind demand, the schizophrenic choice.

Work by YANN SOTARD

 

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MEDICINE CABINETS //

ARMOIRES A PHARMACIE

– DAMIEN HIRST-

HIRST

Depuis ses débuts, Damien Hirst s’entiche du scandale. En témoigne son entrée fracassante sur la scène artistique mondiale avec « Mother and Child divided » – une mère et son veau découpés et séparés dans des aquariums de verre remplis de formol. Nous pouvons constater que, dès le départ, l’artiste a recourt à des procédés empruntés au monde médical. Une sensibilité qui d’ailleurs, ne le quittera plus. En effet, vont s’en suivre entre autres, des œuvres comme les spot paintings – des points de couleur sur fond blanc, répartis selon une grille géométrique rigide – qu’il définit comme reposant sur une « approche scientifique de l’art tout comme les laboratoires pharmaceutiques qui ont une approche scientifique de la vie », avec des titres qui s’inspirent de ces labos et de leurs produits (Norcodeine, Calcium Gluconate Injection…). ou encore « Medicine Cabinets », ces armoires à pharmacie dans lesquelles sont disposées des milliers de pilules en résine ou en métal peintes dont aucune n’a la même couleur.

Damien Hirst, plus que tout autre, n’a toujours eu de cesse de nous mettre face aux absurdités de notre société, en nous confrontant à nos sentiments les plus profonds, quitte à créer de véritables malaises. Ces « Medicine cabinets » au nombre de 12 lorsque l’œuvre est complète, en référence aux 12 tracks de l’album des Sex Pistols « Never Mind The Bollocks, Here’s The Sex Pistols » participent de ces absurdités qui nous poussent à avoir continuellement recours aux médicaments et ce, parfois de manière outrancière.

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Since his beginnings as an artist, Damien Hirst is infatuated with scandal. His sensational debut on the international art scene with « Mother and Child divided » – a mother and her veal cut and separated in glass aquariums filled with formalin – can attest it. We can see that, from the start, the artist uses methods borrowed from the medical world. A sensitivity that will never leaves him. Indeed, artworks such as spot paintings, among others, will follow – colored dots on a white background, distributed according to a rigid geometric grid – which he defines as based on a « scientific approach to art as pharmaceutical companies who have a scientific approach to life« , with titles inspired by these labs and their products (Norcodeine, Calcium Gluconate Injection…) or « Medicine Cabinets », these medicine cabinets in which are displayed thousands of pills made of resin or painted metal, none having the same color.

Damien Hirst, more than any others, has constantly put us in front of the absurdities of our society, confronting us with our deepest feelings, even though it creates real discomfort. These « Medicine cabinets », 12 when the artwork is complete, referring to the 12 tracks on the Sex Pistols’ “Never Mind The Bollocks Here’s The Sex Pistols » album, participate in these absurdities that lead us to continuously use drugs and, sometimes outrageously.