Depuis l’invention de l’arme à feu, la présence de pistolets, fusils, arquebuses et autres devient courante dans les arts visuels, prenant progressivement la place d’épées, sabres ou poignards. La représentation du seigneur armé avait pour but d’affirmer un pouvoir, reposant à la fois sur sa position sociale et sa maîtrise de l’art de la guerre. Ce pouvoir s’exprimait aussi à travers la forme et l’esthétisation des instruments de guerre eux-mêmes. Que ce soit des armes blanches ou des armes à feu à partir de la période moderne, elles sont de véritables objets artistiques. Leur design et leur confection sont extrêmement soignées, elles sont gravées et décorées selon le goût du propriétaire, marquées de son emblème et de son blason.

Qu’est-ce qui fait d’une arme à feu un élément d’affirmation du pouvoir ? Face aux exemples tirés de la peinture antique, on pourrait penser que ce pouvoir réside dans la détention du « monopole de la violence légale ». Cependant, les projets présentés dans ce nouveau numéro de Combine font référence à un courant de l’iconographie des armes à feu tout à fait différent. Ancré dans l’imaginaire de la violence où n’importe qui peut exercer la force, il a connu son apogée à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Il retourne le sens (comme signification et comme direction) de la relation entre le maître et l’objet : le pouvoir procède de l’arme elle-même et non plus de celui qui la possède. On peut dire que la capacité d’affirmation du pouvoir d’une arme à feu réside désormais dans la menace et le danger qu’elle représente, transformant l’objet lui-même en un fétiche.

Les travaux artistiques sélectionnés à cette occasion s’interrogent sur l’arme à feu à la fois en tant qu’objet fétichisé que sur le pouvoir symbolique qu’elle exerce dans le monde contemporain.

Glòria Guso

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Since firearm was invented, the presence of guns, rifles, muskets and others becomes common in the visual arts, gradually taking the place of swords or daggers. The representation of the armed lord aimed at asserting a power, based both on his social position and his mastery of the art of war. This power was also expressed through the form and aestheticism of the instruments of war themselves. Whether they are knives or firearms from the modern period, they are real artistic objects. Their design and manufacture are extremely thorough, they are engraved and decorated according to the owner’s taste, marked with his emblem and image

What does make a gun an element of affirmation of power? Facing examples taken from ancient painting, one might think that this power lies in the ownership of the « monopoly of legal violence. » However, the projects presented in this new issue of Combine refer to an entirely different branch of the iconography of firearms. Anchored in the imagination of violence where anyone can exercise force, it peaked from the second half of the twentieth century. It turns over the sense (as a meaning and as a direction) of the relationship between the master and the object: the power comes from the weapon itself and not from its owner. One can say that the ability of affirmation of the power of a firearm now lies in the threat and the danger it represents, transforming the object itself into a fetish.

The artworks selected on this occasion question the firearm both as a fetishized object and on the symbolic power it exercises in the contemporary world.

Glòria Guso

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SHOOTER’S BIBLE

ALAIN DECLERCQ

SHOTTER

Alain Declercq est un des rares artistes à avoir su évoquer avec autant de justesse la banalité du mal construite autour de la figure du pouvoir. Depuis maintenant plusieurs années et en marge du système, le plasticien continue de passer en revue l’ensemble des dérèglements de notre société contemporaine. En se mettant dans la peau d’un individu hanté à l’idée de transgresser les règles (par tous les moyens possibles et souvent par le biais des armes à feu), ce hors-la-loi au mode opératoire efficace bien que discret nous met en garde contre la croissance exponentielle du libre-arbitre qui menace notre monde.

Les 600 pages du catalogue annuel Shooter’s Bible de la marque Beretta, célèbre fabrique d’armes italiennes ont été reproduites à l’encre par l’artiste français Alain Declercq avec un réel souci du détail. Dans ce travail fastidieux, l’artiste ne fait pas que réveiller les consciences, il se pose aussi en spécialiste du genre. Ce processus de reproduction renverse notre regard sur le sujet délicat de l’armement. La richesse de l’offre du catalogue pose nécessairement la question de l’utilisation des armes à feu et sert également à sensibiliser l’opinion publique sur les noirs desseins de l’entreprise. Tel un criminel, un psychopathe ou un simple passionné, Declercq duplique soigneusement cet inventaire perturbant, véritable guide susceptible de propager le crime. La mort ne cesse de rôder autour de cette production exigeante dont la principale motivation est de mettre à mal les processus actionnés par les puissances sécuritaires. Le nom de cet ouvrage de référence, Shooter’s Bible, n’est certainement pas dû au seul hasard. Rien qu’à sa seule désignation, Declercq semble vouloir nous dire : Au nom de quelle religion, quelle idéologie a-t-on le droit de tuer ?

Manifeste inconscient et inquiétant de la libre circulation des armes, cette œuvre qui « vise là où cela fait mal » interroge nos modes de vie structurés par la soi-disant normalité.

Un texte de Guillaume Robin

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Alain Declercq is one of the few artists who have been able to raise with so much accuracy the banality of evil built around the figure of power. For several years now and outside the system, the artist continues to review all the disturbances of our contemporary society. By putting himself in the shoes of a person haunted by the idea of ​​breaking the rules (by all possible means and often through firearms), this outlaw with an effective, although discrete, operational mode warns us against the exponential growth of free will that threatens our world.

The 600 pages of the annual catalog of the Shooter’s Bible of the Beretta brand, famous factory of Italian arms have been reproduced in ink by the French artist Alain Declercq with a real attention to detail. In this tedious work, the artist does not only stir people’s conscience, it also portrays himself as a specialist in this kind. This process of reproduction reverses our gaze on the delicate subject of armaments. The wealth of the catalog necessarily raises the question of the use of firearms and is also used to raise awareness of the dark intentions of the company on the general public. Like a criminal, a psychopath or simply enthusiast, Declercq carefully duplicates this disturbing inventory, real guide likely to spread crime. Death is lurking around this demanding production whose main motivation is to undermine the process operated by security powers. The name of this reference book, Shooter’s Bible, is certainly not only due to chance. With its sole designation, Declercq seems to tell us: In the name of which religion, which ideology do we have the right to kill?

Unconscious and disturbing manifesto of the free circulation of weapons, this artwork that « targets where it hurts » questions our ways of life structured by the so-called normality.

Written by Guillaume Robin

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DISARM

PEDRO REYES

 Le Mexique est remarquable mais le Mexique est violent. Et lorsque l’on est un artiste engagé comme l’est Pedro Reyes, s’interroger sur ce phénomène est presque une évidence.

En 2007, pour « Palas por Pistolas » l’artiste mexicain avait entrepris de récolter toutes les armes saisies dans une ville proche de Mexico pour les fondre et les transformer par la suite en pelles. Ainsi ces 1527 pelles se figuraient comme une puissante mise en abyme de la mort causée par les armes. Des armes permettant par la même occasion de creuser la tombe qui les accompagne malheureusement.

Pour « Disarm » réalisé en 2013, le procédé est le même mais la portée est tout autre. Après avoir là aussi « bénéficier » des armes confisquées aux organisations criminelles, Pedro Reyes s’est attaché à les transformer en instruments de musique. Ne dit-on pas que la musique adoucie les mœurs ? Mais là où ce proverbe peut paraître empreint de naïveté et de crédulité, il s’agit en réalité de proposer en creux une lecture hyper violente du quotidien des habitants de Juarez, une des villes les plus dangereuses au monde.

Comme pour rappeler que les musiques aux rythmes saccadés animant les rues de la ville ne sont en réalité que des sons de destruction et n’ont pas et absolument pas, à s’inscrire de quelque manière que ce soit dans la vie des habitants. Et que l’on ne s’y trompe pas, même si la musique composée à l’aide du studio Cocolab est douce à l’oreille, celle des armes ne le sera jamais !

Un texte d’Huseyin Tutar

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Mexico is remarkable but Mexico is violent. And when you are a committed artist as Pedro Reyes, wondering about this phenomenon is almost obvious.

In 2007, for « Palas por Pistolas », the Mexican artist had undertaken the collection of all the weapons seized in a town near Mexico City to melt and transform them in spades. Thus, these 1527 spades were pictured as a powerful mise en abyme of death caused by weapons. Weapons allowing, at the same time, to dig the grave that unfortunately accompanies them.

For « Disarm », produced in 2013, the process is the same but the aim is different. After having again taken « benefit » from the weapons taken away from criminal organizations, Pedro Reyes endeavored to turn them into musical instruments. Don’t we say that music has charms to soothe the savage breast? But where this proverb may seem full of naivety and gullibility, it is actually proposing a hyper violent reading of the daily lives of people of Juarez, one of the most dangerous cities in the world.

A reminder that the rhythmed music animating the streets of the city is really only the sounds of destruction and does absolutely not have to register whatsoever in people’s lives. And don’t let ourselves be misled: even if the music composed by Cocolab studio is sweet to the ear, the music of the weapons will never be!

Written by Huseyin Tutar

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JASPERWARE UZI

MAGNUS GJOEN

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Le photographe et artiste, Magnus Gjoen, s’empare du sujet des armes en inversant la perception que l’on peut avoir face à ce produit « coupable » de tous les maux. Avec cette œuvre, la notion de destruction enregistrée par cette mécanique mortifère permute sans que l’on n’y prenne garde. Le sens de la valeur initiale et acquise est converti de façon surprenante. Nouveau palier franchi dans le détournement, ces sinistres équipements de la cruauté qui continuent malheureusement d’attirer les foules, dérivent du registre purement militaire pour venir s’inscrire dans le domaine de l’esthétique. En somme, cet Uzi devient un simulacre modifié et manipulé dans le sens positif.

Dans l’œuvre Jasperware UZI, l’arme à feu entre dans une dimension qui n’exclut pas une certaine idée de la beauté. Sous l’objectif de l’enchanteur londonien, le pistolet mitrailleur s’apparente à un précieux objet décoratif. De facture néo-classique et d’inspiration grecque, les personnages sculptés en haut relief défilant dans cet Elysées enchanté nous font totalement oublier que le matériau de base sur lequel les motifs sont plaqués est un des instruments de guerre les plus utilisés et les plus simples à pratiquer.

Les sabres, épées et fusils de l’époque s’ornementaient de scènes de guerre, de symboles héraldiques vantant les exploits du chef des armées. Avec ce message de paix et de félicité, le semi-automatique de Gjoen vient dénoncer avec vigueur l’arrogance des siècles passés et futurs. Dans le même esprit et avec la manière, l’artiste renoue avec la tradition des vanités artistiques et des allégories chères à l’âge d’or de la peinture occidentale mais en y réintégrant une forme poétique inédite, que l’on pourrait presque qualifier d’« éthique ».

Un texte de Guillaume Robin

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The photographer and artist, Magnus Gjoen, seizes the subject of weapons reversing the perception that one may have facing this product, « guilty » of all evils. With this work, the concept of destruction recorded by this deadly mechanism, switches without one is wary of it. The meaning of the initial and acquired value is surprisingly converted. New level reached in the embezzlement, these sinister facilities of cruelty that unfortunately continue to draw crowds, derive from the purely military register to come and be anchored in the field of aesthetics. In sum, this Uzi becomes a sham modified and manipulated in the positive direction.

In the Jasperware UZI artwork, the firearm enters a dimension that does not exclude a certain idea of ​​beauty. Under the objective of the enchanting Londoner, the machine gun is like a precious ornament. In a neo-classical style and Greek-inspired, the characters carved in high relief parading in this enchanted Elysées make us totally forget that the basic material on which the patterns are plated is one of the most used and easiest instruments of war.

Historical sabers, swords and guns were ornamented with war scenes, heraldic symbols highlighting the exploits of the head of the armed forces. With this message of peace and bliss, the Gjoen’s semi-automatic vigorously denounces the arrogance of past and future centuries. In the same spirit and way, the artist revives the tradition of artistic vanities and allegories, dear to the golden age of Western painting, but reintegrating in a unique poetic form, one might almost call « ethics ».

Written by Guillaume Robin

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AFASIO

ARCANGELO SASSOLINO

SASOLINO

Dans une société en voie de dématérialisation et de serviciation, l’artiste italien Arcangelo Sassolino reste indéfectiblement attaché à l’univers industriel.

Tel un archéologue, un ingénieur (sa formation d’origine), un machiniste, un maitre d’œuvre, tout cela à la fois, il apprécie explorer les mécaniques à l’œuvre dans les objets pour les traduire in fine au travers de sculptures au pouvoir autant esthétique que physique. Son travail cherche toujours à produire un effet saisissant chez le spectateur, l’impliquant bien au delà de ses représentations mentales pour l’atteindre au au plus près de son corps et de ses sensations.

Pour « Afasio », l’artiste s’empare de toute la symbolique entourant les armes à feu et plus spécifiquement la menace et l’inquiétude. La menace de la destruction et l’inquiétude d’en être la cible.

Concrètement « Afasio » est capable de projeter des bouteilles de bière à plus de 600 km/h contre des parois de fer. Ces projectiles faisant référence à l’environnement urbain toujours plus soumis à la présence et à l’usage des armes. Avec comme point d’orgue l’accumulation de verres brisées signifiant à la fois la mort et la violence de celle ci. Car même réduits à l’états de débris, les morceaux de verres continuer d’être tranchant.

Une œuvre qui, par son ludisme, permet une accession et une compréhension sensorielle et émotionnelle à la puissance dévastatrice des armes.

Un texte d’Huseyin Tutar

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In a society on the road to dematerialization and more and more service-centered, the Italian artist Arcangelo Sassolino remains inextricably tied to the industrial world.

As an archaeologist, engineer (his original education), machinist, prime contractor, all at once, he enjoys exploring the mechanisms at work in the objects, to translate them in fine through sculptures with both aesthetic and physical power. His work always seeks to produce a striking effect for the viewers, involving them well beyond their mental representations to reach their body and sensations as close as possible.

For « Afasio », the artist captures the symbolism surrounding firearms and more specifically the threat and anxiety. The threat of destruction and anxiety to be the target.

Concretely « Afasio » is able to project beer bottles at over 600 km / h against the iron walls. These projectiles referring to the urban environment, increasingly subject to the presence and use of weapons. With as a highlight, the accumulation of broken glasses, meaning both death and violence of it. Indeed, even reduced to debris, pieces of glass continue to be sharp.

A work which, thanks to its playfulness, allows a sensory and emotional accession and understanding to the devastating power of arms.

Written by Huseyin Tutar

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TRADITION OF EXCELLENCE

BAPTISTE DEBOMBOURG

TDX

Pour beaucoup, les armes ont pénétré des zones qui, il y a encore quelques années, en étaient complètement dépourvues. Doit-on alors les envisager durablement ? Doit-on les considérer comme des objets probables de nos quotidiens, comme dans certains pays où les armes sont autorisées et répandues en masse ?

Dans « Tradition of excellence », Baptiste Debombourg emploie l’arme non pas comme objet en soi mais davantage comme une inspiration formelle capable de contaminer l’urbanisme des villes et plus spécifiquement notre habitat.

Là où les architectes tentent de correspondre toujours plus à nos modes de vie tenant compte des contraintes agissant sur les hommes et ce, qu’elles soient environnementales, opérationnelles voire même psychologiques, Baptiste Debombourg va au bout de l’exercice d’appropriation en proposant des agencements de bâtiment en lien direct avec les plans de différentes armes à feu comme les FAMAS, les Dragunov, les uzi…

Ainsi à travers cette série, il nous interroge sur la perception d’un environnement que nous foulons tous les jours et qui, petit à petit, épuise le sens qui lui est propre ou du moins que nous déchargeons nous même de sa substance. Fort de ce constat, pourrions nous évoluer, déambuler, se construire dans des habitats qui respectent une certaine matérialisation des armes ?

A noter d’ailleurs que cette série est le fruit d’une collaboration avec Nina Jelec, une architecte basée à Sarajevo, ville qui connaît plus que tout autre l’influence des armes sur le quotidien.

Un texte d’Huseyin Tutar

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For many of us, weapons entered places that, still a few years ago, were completely deprived of them. Should we then consider them durably? Should we consider them as probable objects of our daily life, as in some countries where weapons are allowed and widespread?

In « Tradition of Excellence », Baptiste Debombourg uses the weapon not as an object in itself but more as a formal inspiration, able to contaminate the urban masterplans of the cities and more specifically our habitat.

Where architects are increasingly trying to match our lifestyles, taking into account the constraints affecting men, whether they are environmental, operational or even psychological, Baptiste Debombourg sees the appropriation exercise through by offering building arrangements directly linked with the plans of different firearms as the FAMAS, the Dragunov, the uzi …

Through this series, he raises questions about our perception of an environment that we walk every day through and that gradually exhausts its own meaning, or at least that we unload of its substance. Keeping this in mind, could we evolve, wander, build ourselves in habitats that meet a certain materialization of weapons?

Note also that this series is the fruit of a collaboration with Nina Jelec, an architect based in Sarajevo, a city that knows more than any other the influence of weapons on the daily life.

Written by Huseyin Tutar

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WOMEN OF ALLAH

SHIRIN NEISHAT

NISHRIT

Le fusil qu’utilise la femme voilée dans l’œuvre Women of Allah de l’artiste iranienne Shirin Neishat est la manifestation symbolique du statut de la femme martyr dans la société islamiste. La douceur de ce regard aux yeux maquillés d’eye-liner contraste avec la brutalité de l’arme au canon dangereusement pointé vers le spectateur.

Cette photographie en noir et blanc dépeint sans fard la violence du quotidien dans les pays arabes. Cette image terrifiante parle du fanatisme religieux tel que nous le connaissons aujourd’hui. Shirin Neshrat nous prend à partie mais pas que… la question de l’oppression de certaines femmes au Moyen-Orient est aussi soulevée. Martyre ou Martyr ? La double connotation de cette représentation aura soit valeur de bourreau soit de victime selon la lecture que l’on en fait. L’acte, en lui-même odieux, nous ferait pencher pour la première suggestion. Pourtant, en observant de plus près cette image, la femme aux mains empêtrées dans le voile noir ne peut clairement pas viser la cible… C’est alors peut-être l’histoire d’une soumission plutôt que d’une résolution, quelque chose proche d’un contrat obligé, diabolique et sans échappatoire possible.

En contrepoint de cette réflexion axée sur le danger des idéologies et des religions de l’extrême, se manifeste une réflexion sur le trafic d’armes facilitant ces visées terrifiantes. Doit-il y avoir un sursaut des puissances étatiques sur le sujet ? S’il existe bel et bien une prise de conscience sur ce fléau au niveau national avec, par voie de conséquence, des plans fermes votés pour lutter contre ; le problème du trafic, au niveau mondial semble par contre bien plus difficile à enrayer

Un texte de Guillaume Robin

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The rifle used by the veiled woman in the artwork Women of Allah from the Iranian artist Shirin Neishat is the symbolic manifestation of the status of the martyr women in Islamic society. The sweetness of this look, with eyes made-up with eyeliner, contrasts with the brutality of the weapon, which barrel is dangerously pointed at the viewer.

This black and white photograph openly depicts the everyday violence in Arab countries. This terrifying image speaks about religious fanaticism as we know it today. Shirin Neshrat challenges us but not only… the question of the oppression of some women in the Middle East is also raised. Martyrdom or Martyr? The dual connotation of this representation will whether have the ‘executioner’ or the ‘victim’ meaning according to the reading that one makes. The act in itself, odious, would make us opt for the first suggestion. Yet, taking a closer look at this picture, the woman with her hands entangled in the black veil can clearly not aim at the target … Then it is perhaps the story of a submission rather than a resolution, something close to a forced contract, diabolical and inescapable.

In counterpoint to this discussion, focused on the danger of extreme ideologies and religions, a reflection on arms traffic, facilitating these terrifying purposes, is raised. Should there be a burst of state powers on the subject? If there is indeed an understanding of this plague at a national level with, consequently, plans approved to fight against it, the global trafficking problem appears much more difficult to control.

Written by Guillaume Robin