Sédition, rébellion, insurrection… Tous ces mots forment une même substance dont l’ADN serait le combat farouche contre l’état d’oppression ; ce mode d’asservissement qui, depuis que le monde est monde, charge de maux insupportables l’homme de droit et de justice. Tout le monde sait que la désobéissance germe dans la plupart des domaines de l’activité humaine mais, contrairement aux idées reçues, sa sève ne se répand pas à l’intérieur d’un seul organisme mais dans tous les corps sociaux, à l’exemple de la fronde des grands princes contre la royauté au début du règne du Roi Soleil jusqu’aux manifestations estudiantines de Mai 68 en passant par les luttes ouvrières de la Commune de Paris. Ces cris contre la norme, ces assauts contre l’establishment, appelons cela plus simplement « révoltes », ne connaissent aucune frontière et peuvent trouver un terrain d’accueil favorable aussi bien à Cuba, qu’à Prague ou à Washington. A tout pouvoir s’oppose une résistance dont la visée première est de contrer l’autorité d’un régime ou d’un système établi.

A l’heure où l’on célèbre le 50ème anniversaire des évènements de Mai 68, les révoltes n’ont jamais été aussi présentes et se charpentent autour d’un indéniable accroissement des inégalités. En témoigne les multiples grèves qui, très récemment, ont paralysé la France sinon le militantisme violent des Zadistes ou encore les coups de tonnerre des Insoumis lors de séances de l’hémicycle à  l’Assemblée nationale. A l’étranger, depuis plusieurs années, on assiste à une recrudescence des protestations idéologiques, économiques et politiques. Du mouvement d’ « Occupy Wall Street » aux « Indignés » en passant par le collectif de hackers « Anonymous », les actions collectives en faveur d’une certaine idée de liberté et de justice ne cessent de proliférer, avec plus ou moins de réussite.    

Les pratiques artistiques, doit-on le rappeler, sont en elles mêmes des actes dissidents. Les artistes et autres groupements d’art ont très souvent reflété et même impulsé et ce, de façon clandestine et pénétrante, les révolutions à venir. La Liberté guidant le peuple de Delacroix en est une des images-symboles. Plus récemment, les théories du Soulèvement de la Jeunesse du mouvement Lettriste ont été les indicateurs, sinon les inspirateurs des multiples éclats insurrectionnels qui ont frappé la Sorbonne et les différentes universités à la fin des années 60.

La revue Combine propose une série d’œuvres contemporaines évoquant ces diverses levées de boucliers qui, aujourd’hui encore, bouleversent notre monde.

Un texte de Guillaume Robin

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Sedition, rebellion, insurrection … All these words form the same substance whose DNA would be the fierce fight against the state of oppression; this mode of enslavement which, since the world began, loads the man of right and justice with unbearable evils. Everyone knows that disobedience germinates in most areas of human activity but, contrary to popular opinion, its sap does not spread within a single organism but in all social entities, like what happened with the revolt of the great princes against the Royalty at the beginning of the reign of the Sun King until the student demonstrations of May 1968 while passing by the workers struggles of the Paris Commune. These shouts against the norm, these assaults against the establishment – let’s call them all more simply « revolts » – know no borders and can find a favorable ground in Cuba, Prague or Washington. All power is opposed by a resistance whose primary aim is to counter the authority of an established regime or system.

At a time when we celebrate the 50th anniversary of the May 68 events, the revolts have never been so present and are built around an undeniable increase in inequalities. Evidenced by the multiple strikes that paralyzed France very recently, by the violent militancy of the “ZADists” (“Zone à Défendre”) or by the thunderbolts of the “Insoumis” during some sessions of the hemicycle in the French National Assembly. Abroad, for several years, there has been a resurgence of ideological, economic and political protests. From the « Occupy Wall Street » movement to the « Indignados » and the « Anonymous » hackers group, collective actions in favor of a certain idea of freedom and justice continue to proliferate, with varying degrees of success. .

It must be remembered, that artistic practices are themselves dissenting acts. Artists and other groups of art have very often reflected and even impelled, in a clandestine and penetrating way, the revolutions to come. La Liberté guidant le peuple (Liberty guiding the People) of Delacroix is one of these symbolic images. More recently, the theories of the Soulèvement de la Jeunesse (Youth Uprising) of the Lettrist movement have been the indicators, if not the inspirations, of the multiple insurrectional stunts that hit the Sorbonne and various universities at the end of the 1960s.

Combine offers a series of contemporary works evoking these various shields that still upset our world today.

Written by guillaume Robin

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PRINTEMPS

ADEL ABDESSEMED

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En fin observateur du monde contemporain, Adel Abdessemed scrute nos sociétés pour en extraire avec brutalité, autorité et sans édulcorants toute la violence qui est à l’œuvre. Mais comme souvent dans son travail, l’important se situe bien au-delà de la mise en exergue de cette dernière. Il s’agit davantage pour lui de dénoncer toute l’hypocrisie qui se dissimule avec plus ou moins de finesse derrière tous ces phénomènes de violence.

Et, une fois de plus c’est tout cela qu’il a voulu mettre en perspective dans la vidéo « polémique » Printemps, présentée récemment pour sa rétrospective au MAC de Lyon. Vidéo qui a déchaîné les passions et les réactions des défenseurs de la cause animale, embrasant les réseaux sociaux en quelques heures. Sur cette vidéo on y voit une dizaine de poulets brûlants vifs, suspendus pas les pattes et fixés sur des grands murs uniformes de parpaings grisâtres. Le titre faisant explicitement référence au printemps arabe dont le départ fut amorcé par l’immolation d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, dans les rues Sidi Bouzid en Tunisie, voulant dénoncer une énième injustice.

Mais, doit-on voir dans cette œuvre, une simpliste mise en scène macabre, espérant un choc émotionnel via un sentiment de pitié, voire de commisération dont le seul point d’attention doit être réduit aux protagonistes ? Bien entendu tout œuvre doit être sujette à discussion, c’est bien le principe fondateur d’œuvre à visée politique. Mais il ne faut pas confondre les lieux et contextes d’expression. Il ne s’agit-là aucunement d’une œuvre de fiction diffusée à la télévision un soir de grande écoute, qui pourrait être mal interprété ou toucher un public non concerné et qui n’aurait pas les instruments ou le temps de compréhension – Ce qui sera bien normal ! Ici, il s’agit d’une œuvre d’art exposée dans le cadre un événement culturel qui, justement est là pour poser des questions qui dérangent et aucunement pour parler de violences faites aux animaux qui plus est, dans ce cas là, n’a pas lieu d’être puisqu’il s’agissait d’effets spéciaux et que les volatiles n’en ont pas été victimes. Dérapage et autocensure d’autant plus tristement regrettable, lorsque l’on sait quel ardent défenseur des animaux est Adel Abdessemed. Des accusations et un déchaînement de violence complètement contre-productif et qui prouve une fois de plus que la distance aux évènements est primordiale.

Un texte de Huseyin Tutar

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As a subtle observer of the contemporary world, Adel Abdessemed scrutinizes our societies to extract from them all the violence that is at work, with brutality, authority and without sweeteners. But, as often in his work, the most important thing is well beyond the highlighting of this violence. For him, it is more about denouncing all the hypocrisy that is hidden with more or less finesse behind all these phenomena of violence.

And, once again, it is all of this that he wanted to put into perspective in the “controversial” video Printemps (Spring), recently showcased during his retrospective at the MAC Lyon. Video that unleashed the passions and reactions of animal advocates, igniting social networks in a few hours. In this video, we see a dozen chickens burnt alive, hung by the legs and fixed on large walls of uniform greyish blocks. The title explicitly refers to the Arab Spring, whose start was initiated by the self-immolation of a street vendor, Mohamed Bouazizi, in the streets of Sidi Bouzid in Tunisia, as he wanted to denounce an umpteenth injustice.

But, should we see in this work, a simplistic macabre dramatization, hoping for an emotional shock via a feeling of pity, even commiseration whose only point of attention must be reduced to the protagonists? Of course every work must be open to discussion, it is the founding principle of work with a political aim. But we must not confuse places and contexts of expression. This is by no means a fictional work broadcasted on prime time television, which could be misinterpreted or reach an unaffected audience and who lacks the instruments or time to understand – which will be normal! Here, it is about a work of art, exposed within the framework of a cultural event which exists to ask questions that may disturb and in no way to speak about violence against animals. Moreover, in this case, there were special effects and the birds were not victims. Regrettable misconduct and self-censorship, especially when we know what kind of ardent animal defender is Adel Abdessemed. Accusations and an outburst of violence completely counterproductive, that prove once again that distance to events is essential.

 Written by Huseyin Tutar

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AFTER WASHING

SHADI ALZAQZOUQ

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Le Printemps arabe a eu lieu, les peuples de nombreux pays arabes se sont soulevés, les voix pour une transition démocratique se sont fait entendre et les protestations générées par ce désir d’un autre monde ont eu un réel impact sur les régimes dominants à l’époque. Cependant, après le Printemps, la transition d’une nouvelle ère aura été délicate, tant au niveau politique qu’économique et social. Tant et si bien que beaucoup d’observateurs ont parlé d’un hiver islamiste au travers duquel la plupart des pays confondus dans ces révolutions peinaient à retrouver la stabilité et la croissance. Quelques années plus tard, les changements de mœurs se font encore attendre… L’artiste palestinien Shadi Alzaqzouq en a fait les frais lorsqu’une de ses toiles, After Washing, jugé iconoclaste, a été censuré par les autorités lors de la foire d’Art Dubaï en 2012.

Que représente cette dite-œuvre ? Que revendique t-elle et quelle est donc sa prétendue subversion ? Décryptage.

After Washing est un tableau circulaire encadré d’un pneu de vélo usé, représentant une femme en tenue de jogging au visage abîmé, les cheveux lâchés, foulard sur la bouche, tenant un large caleçon blanc sur lequel est écrit au feutre noir en arabe le mot « Dégage », comme une invitation à déloger les dictateurs en place. Cet appel à la contestation et à l’éradication des racines d’une politique corrompue se veut également un cri en faveur de la liberté. Liberté tant d’expression que sociale puisqu’en dévoilant une femme au centre même de l’idée de révolution, l’artiste souligne la nécessité d’un engagement en faveur de toutes les égalités. En interdisant purement et simplement l’œuvre sans autre motif qu’elle fut indécente, les organes du pouvoir dans l’Emirat ont montré leurs vrais visages : celui d’un froid conservatisme. Cela en dit long sur les censures qui continuent de frapper la péninsule arabique… Le Printemps, au final, n’aura pas vu fleurir les grands changements idéologiques et culturels escomptés.

Un texte de Guillaume Robin

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The Arab Spring occurred, the peoples of many Arab countries rose up, the voices for a democratic transition were heard and the protests generated by this desire for another world had a real impact on the dominant regimes of that time. However, after the Spring, the transition of a new era has been tricky, at the political as well as at the economic and social level. To such an extent that many observers have spoken of an Islamist winter through which most of the countries taken in these revolutions struggled to regain stability and growth. A few years later, changes in mores are still pending … The Palestinian artist Shadi Alzaqzouq paid the price when one of his paintings, After Washing, considered as iconoclastic, was censored by the authorities during the Dubai Art fair in 2012.

What does this work represent? What does it claim and what is its so-called subversion?

Let’s decode it.

After Washing is a circular painting framed by a flat bicycle tire, depicting a woman in a tracksuit with a damaged face, loose hair, scarf on the mouth, holding a large white underpants on which the word « Clear off » is written in Arabic with a black felt, as an invitation to dislodge dictators in place. This call to protest and eradication of the roots of corrupt politics is also a shout for freedom. Freedom of speech as much as social, as by unveiling a woman at the very heart of the idea of ​​revolution, the artist stresses the need for a commitment to all equalities. By simply banning the work for no other reason than its indecency, the organs of power of the Emirate showed their true faces: a cold conservatism. That says a lot about the censors that continue to hit the Arabian Peninsula … The Spring, in the end, will not have seen the great ideological and cultural changes expected.

Written by Guillaume Robin

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THE ACADEMY OF TACTICAL RESISTANCE

JUSTIN LANGLOIS

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Dans le prolongement des actes de rébellion qui se sont manifestés au cours de ces dernières années dans le monde entier (Occupy Wall Street, Les Indignés, Les lanceurs d’alerte etc.), le plasticien canadien Justin Langlois a imaginé, en miroir de ces séries d’évènements ou d’organismes, la fondation d’une Académie de Résistance tactique. Celle-ci prend la forme d’un projet constitué de livrets, photographies, ateliers, vidéos et installations dont l’objectif est de montrer les capacités du résistant à petite échelle.  

Le dispositif propose un panel d’outils rudimentaires, explications à l’appui, permettant au citoyen ordinaire de pouvoir manifester et contrer l’ordre réglé. Œuvre autant pédagogique qu’efficiente dans la mesure où l’installation permet d’activer les germes d’une révolution à venir dans divers foyers économiques et politiques. Langlois nous montre qu’avec peu de moyens, une rébellion peut naître et faire vaciller de leurs trônes les protagonistes du pouvoir. Il s’agit-là de construire, à partir de l’idée de la contestation, une société plus en phase avec ses idéaux. En se fondant sur l’apprentissage de masse, en faisant prendre conscience à l’homme de ses libertés et de sa propre souveraineté, l’artiste ouvre une brèche dans l’engrenage bien huilé d’un système pernicieux. A l’heure où les inégalités se creusent, cet assemblage pro-actif est salutaire.

Un texte de Guillaume Robin

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In line with the acts of rebellion that have taken place in recent years around the world (Occupy Wall Street, Los Indignados, the whistleblowers etc.), the Canadian artist Justin Langlois has imagined, mirroring these series of events or organizations, the foundation of an ACADEMY OF TACTICAL RESISTANCE. This takes the form of a project consisting of booklets, photographs, workshops, videos and installations whose objective is to show the capabilities of the resistant at a small scale.

The system is made of a panel of rudimentary tools, factual explanations, allowing the ordinary citizen to be able to protest and counter the settled order. This work is both pedagogical and efficient, as the installation allows to activate the seeds of a revolution to come in various economic and political centers. Langlois shows us that with few means, a rebellion can arise and make the protagonists of power waver from their thrones. This is to build, from the idea of protest, a society more in tune with its ideals. On the basis of mass learning, by making the man aware of his freedoms and his own sovereignty, the artist opens a breach in the well-oiled gear of a pernicious system. At a time when inequalities are widening, this pro-active assembly is beneficial.

Written by Guillaume Robin

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BANQUE DE FRANCE

PIOTR PAVLENSKI

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Artiste contestataire iconoclaste, Piotr Pavlenski aime autant dénoncer qu’il exècre ce qu’il accuse. Dissident russe, exilé en France depuis 2017, il n’a pas attendu très longtemps pour faire parler de lui ou plus justement pour révéler et mettre en scène ce qui, à ses yeux, représente une des plus grandes supercheries de ce siècle à l’origine d’une violence extrême. L’univers bancaire. 

N’hésitant pas, une fois de plus à donner de sa personne pour faire entendre sa révolte, il va, le 16 octobre 2017, mettre le feu à la façade de la Banque de France à Paris. Une fois le feu déclenché, l’artiste performeur va tranquillement se placer devant l’entrée et n’opposer aucune résistance, au moment de son interpellation. Justifiant le fondement de son geste via Twitter, l’artiste a, dans la grande lignée des purs contestataires politiques, souhaité générer un choc de conscience et ainsi pousser la population, elle aussi, à se révolter et ne plus accepter cette servitude devenue volontaire à force d’acceptation fébrile : « La Bastille a été détruite par le peuple révolté (…). Sur ce même lieu un nouveau foyer d’esclavage a été bâti, la banque, qui trahit les révolutionnaires…la Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques »,

Un message qui, s’il peut être empreint de quelques raccourcis, a le mérite d’être clair !

Un texte de Huseyin Tutar

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Iconoclastic anti-establishment  artist, Piotr Pavlenski likes to denounce as much as he hates what he accuses. Russian dissident, exiled in France since 2017, he did not wait very long to get himself talked about or more precisely to reveal and stage what, in his eyes, is one of the biggest fraud of this century, being the cause of an extreme violence. The banking universe.

With any hesitation, once again, to give a lot of himself to get his revolt heard, he will, on October 16, 2017, set fire to the facade of the Bank of France in Paris. Once the fire is started, the performer will quietly stand in front of the entrance and oppose no resistance at the time of his arrest. Justifying the reason of his gesture via Tweeter, the artist, in the great lineage of pure political protesters, wanted to generate a shock of conscience and thus push the people to revolt and no longer accept this servitude become voluntary by dint of feverish acceptance: « The Bastille was destroyed by the revolted people (…). At this same place a new home of slavery was built, the bank, which betrays the revolutionaries … the Bank of France took the place of the Bastille, the bankers took the place of the monarchs « ,

A message that has the merit of being clear- even if it can be imbued with a few shortcuts!

Written by Huseyin Tutar

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PAPALOTES NEGROS

ARTURO HERNANDEZ ALCAZAR

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Lors de l’exposition Resisting the present, Mexico 2000-2012 qui eut lieu au Musée d’Art Moderne en 2012, le public parisien a pu découvrir l’œuvre Papalotes Negros du plasticien Hernandez Alcazar, une installation poétisée de l’acte de révolte.

 

Des énormes blocs de pierres grises jonchent le sol de la vaste salle blanche. Ces cadavres de pierres sont en réalité des symboles de résistance. Hernandez nous explique que les pierres sont les « seuls armes dont disposent les personnes qui luttent pour se défendre contre toute forme d’oppression ». Inconsciemment, elles nous renvoient aussi à notre propre passé en ce sens qu’elles nous font irrémédiablement penser aux incessants jets de pavés des étudiants frondeurs durant les manifestations de Mai 68. Des cerfs-volants de couleur noire dont les fils sont accrochés aux imposantes roches évoquent quant à eux la triste figure du corbeau. L’artiste nous rappelle que les rebelles, durant la Guerre d’indépendance au Mexique, utilisèrent ces oiseaux de mauvais augure pour signaler en toute discrétion leur positionnement.

Plus qu’un appel au combat, Hernandez fait donc œuvre de mémoire en dévoilant un paysage post-traumatique des évènements passés.

Un texte de Guillaume Robin

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During the Resisting the Present, Mexico 2000-2012 exhibition that took place at the Museum of Modern Art in 2012, the Parisian audience was able to discover the work Papalotes Negros by the visual artist Hernandez Alcazar, a poetic installation of the act of revolt.

Huge blocks of gray stone cover the floor of the vast white room. These stone corpses are actually symbols of resistance. Hernandez explains that stones are the « only weapons available to people struggling to defend against any form of oppression ». Unconsciously, they also send us back to our own past in the sense that they irreversibly remind us of the stone’s throws from students during the May ’68 demonstrations. Black kites whose strings are hung on the imposing rocks evoke the sad figure of the raven. The artist reminds us that the rebels, during the War of Independence in Mexico, used these bird of ill omen to discreetly signal their positioning.

More than a call for fight, Hernandez is therefore making memory by unveiling a post-traumatic landscape of past events.

Written by Guillaume Robin